Cette semaine dans Alphablues, la lettre M comme Mojo : quand le blues devient magie … Pour ce 13ᵉ épisode de la saison 2 d’Alphablues, Paco explore toutes les facettes de ce mot magique à travers six titres qui revisitent le Mojo sous toutes ses formes.

Le Mojo. Un mot qui claque, un mot qui ensorcelle. Dans la culture afro-américaine, il désigne à l’origine un petit talisman, un sac de gris-gris issu des traditions hoodoo. Rempli d’herbes, d’os, de prières ou de morceaux d’ongle, ce “mojo bag” est censé attirer la chance, l’amour, la puissance… ou même le sexe. Avec l’histoire de l’esclavage et des racines africaines dans le Sud des États-Unis, ce symbole mystique s’est infiltré dans les traditions populaires, devenant un signe de protection, de désir, de pouvoir.

Le blues, ce langage de l’âme, s’est naturellement emparé de ce mot chargé d’énergie. Le Mojo est rapidement devenu un symbole de force sexuelle, d’invincibilité ou de contrôle mystique. Les bluesmen le chantent pour le retrouver, pour le renforcer, ou pour maudire celui qui l’a volé. Entre désir et superstition, entre chair et esprit, il incarne ce mélange de sensualité et de spiritualité propre au blues.

🔊 Ecoutez le podcast

Alphablues S2 #13 M comme Mojo Alphablues

Au programme de l’émission

  • Johnny Winter – Mojo Boogie
    Le guitariste albinos texan injecte son énergie sauvage dans le classique de J.B. Lenoir. Slide furieux, solo électrique qui tient plus de l’exorcisme que de la démonstration. Son mojo a déclenché une bagarre dans un nightclub ? On y croit.
  • Lightnin’ Hopkins – Mojo Hand
    Autre Texan, autre approche : le Mojo devient ici un outil de survie sentimentale. Quand les mots échouent, la magie prend le relais.
  • Muddy Waters – Got My Mojo Working (Father & Sons)
    Impossible de parler Mojo sans citer Muddy. Ce titre est un hymne, une incantation vaudoue qui groove, portée par ses fils spirituels Paul Butterfield, Michael Bloomfield et Donald « Duck » Dunn. Même la magie a ses limites : “It just don’t work on you…”
  • Eric Bibb – God’s Mojo
    Avec Eric Bibb, le Mojo prend une dimension spirituelle. Ce n’est plus un sortilège, mais une force intérieure, presque divine. Le blues se mêle ici au gospel pour une élévation lumineuse.
  • Tony Joe White – Mojo Dollar
    Le pape du swamp rock nous offre un Mojo économique : un dollar magique qui ouvre les portes du désir et de l’ambition. Sa voix grave roule comme un alligator dans les marécages, dans un groove poisseux et sensuel.
  • The Doors – L.A. Woman (Mr Mojo Risin)
    Jim Morrison, l’icône psychédélique, anagrammatise son propre nom pour créer Mr Mojo Risin, son alter ego mystique. Dans L.A. Woman, le Mojo devient une bête intérieure, une force incontrôlable.

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