
Les 4 et 5 juillet prochains, Vox’n Blues investira à nouveau le château et le théâtre de Saint-Victor-sur-Loire. Pensé autour des concerts mais aussi de la pratique musicale, le festival poursuit une démarche assez rare dans le paysage blues français. Pour en savoir plus sur ce festival original, Blues Actu est allé à la rencontre d’Alain Védèche, chanteur, pédagogue et cofondateur du projet.
Un festival né d’une rencontre entre un lieu et une envie
Avant même de devenir un festival, Vox’n Blues s’est construit autour des stages Blues On Stage organisés à Saint-Victor-sur-Loire. L’expérience a rapidement convaincu l’équipe de développer un événement plus ambitieux. « Nous avions démarré avec les stages à Saint-Victor l’an dernier, et l’expérience a été incroyable. Le PAX était pour nous l’occasion de travailler avec une structure locale et des artistes locaux car une des envies de ce festival est de créer un rendez-vous autour du blues et d’ancrer son action sur le territoire métropolitain, avec des acteurs locaux. »

Pour cette deuxième édition, l’ensemble des activités est désormais regroupé sur le même site. Un choix qui ne doit rien au hasard.
« Nous avions la possibilité de regrouper toute l’activité du festival sur le site de Saint-Victor, et nous avons trouvé l’occasion très belle de créer l’événement dans ce magnifique cadre. Il y a une histoire, une atmosphère, une âme qui règne dans ces lieux, et il nous paraissait tout indiqué pour accueillir cette musique. »
« La Loire, notre Mississippi à nous »
Difficile de ne pas être séduit par le décor. Le château, le théâtre et la vue sur la Loire donnent à Vox’n Blues une identité très particulière. « La Loire, notre Mississippi à nous, qui coule en contrebas et accompagne l’humeur de la musique qui flotte tout au sommet ! Nous sommes privilégiés d’avoir un lieu aussi chargé d’histoire proche de chez nous, d’une grande quiétude. C’est un lieu que nous connaissons depuis longtemps, et il nous est apparu naturel de nous y installer lorsque l’occasion s’est présentée. »
La transmission comme ADN
L’une des particularités de Vox’n Blues est d’accorder autant d’importance à la transmission qu’à la programmation artistique. Une philosophie directement héritée des années passées au Salaise Blues Festival. « Nous avons beaucoup œuvré durant les quinze années où nous avons travaillé pour le festival de Salaise, à lier la pédagogie au live. Il y a pour nous une sorte d’évidence à travailler étroitement entre la transmission et le concert. D’ailleurs, lorsque les stagiaires s’inscrivent, cela leur ouvre la possibilité d’assister aux concerts des deux soirs. On apprend en pratiquant, en observant et en écoutant aussi. »
Cette volonté de partager ne s’adresse pas uniquement à des musiciens expérimentés. Les stages accueillent des profils très variés, du passionné de longue date au simple curieux. « Les publics sont vraiment différents. Il y a à la fois des personnes qui connaissent déjà cette musique en tant que passionnés, d’autres qui la découvrent en tant que style et qui sont très mélomanes, et des curieux qui viennent sans avoir de pratique mais qui aiment découvrir et se lancent. Toutes et tous repartent toujours avec une approche très positive d’un genre qu’ils ne connaissaient pas. »
Un blues vivant, des racines à aujourd’hui
Pour cette édition 2026, Vox’n Blues a réuni des artistes aux univers très différents : Ady One Woman Band, Gloria and the Doctor, Nico Wayne Toussaint ou encore Soba. Un choix qui reflète une conception ouverte du blues. « Il y a avant tout une volonté de créer de la découverte et d’avoir une proposition qui donne de l’ouverture d’un point de vue stylistique. Nous aimons aussi l’idée de créer un pont entre tradition et modernité. Pour nous, il est important de réussir à créer la surprise et à mettre en perspective les différents aspects du blues. »

Cette ligne artistique s’appuie aussi sur une certitude : le blues n’a jamais cessé d’évoluer. « La transversalité et le métissage sont une constante dans notre recherche artistique. C’est une façon de mettre en perspective cette musique, qui porte en elle-même une évolution constante. Sur cette édition, nous déclinerons le blues depuis les racines, en explorant la tradition et les courants qui en découlent. »
« La scène et la pédagogie sont pour nous étroitement liées »
L’expérience de la scène
Au cœur des stages Blues On Stage se trouve également une conviction forte : la musique prend une autre dimension lorsqu’elle rencontre le public. « La scène et la pédagogie sont pour nous étroitement liées. Cela permet de mettre en perspective la notion d’expression devant un public. Après un travail de déchiffrage, de mise en place, l’expression tient une place essentielle dans le processus. Le passage à la scène est un outil pour préparer, construire cet élément important. »
Pour les stagiaires, ce passage sur scène devient aussi un moteur supplémentaire. « Pour des amateurs avertis, cela représente aussi une façon supplémentaire de se motiver et de goûter à cette fameuse adrénaline ! »
Construire pierre après pierre
Pour l’heure, l’objectif reste simple : réussir cette deuxième édition et poursuivre le développement du projet sans brûler les étapes. « Réussir une belle seconde édition serait déjà une grande récompense ! Nous avons un million d’idées pour la suite, mais il faut avant tout garder à l’esprit que nous devons construire pierre après pierre pour que l’édifice tienne longtemps. Notre souhait est d’abord de créer un vrai rendez-vous des amateurs de blues, de rallier de nouveaux publics et de développer une synergie auprès de tous les acteurs locaux qui nous soutiennent. VNB pourra alors grandir à son rythme ! »
Faire découvrir le blues, transmettre une passion, valoriser un territoire et créer du lien : c’est peut-être là que Vox’n Blues trouve aujourd’hui sa singularité !
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