
À seulement 20 ans, Amani Burnham déboule avec un premier album déjà solide. Avec Roots & Wings, prévu le 29 mai 2026, il s’impose comme un nouvel espoir du blues-rock. Porté par une forte visibilité sur les réseaux sociaux, le jeune guitariste américain incarne une nouvelle génération prête à faire évoluer le genre. Amani Burnham est un nom à suivre de très près. Et autant le dire maintenant : on risque d’en reparler souvent, et on commence ici avec cet entretien exclusif !
🎙️ Amani Burnham en interview avec Cédric Vernet
Tu as commencé à la batterie avant de te concentrer sur la guitare. Qu’est-ce qui a déclenché ce changement ?
Ce qui m’a donné envie de changer, c’est que j’ai toujours été intéressé par l’écriture de chansons, et je pensais que la meilleure façon d’y parvenir était d’apprendre la guitare.
Le confinement semble avoir été un moment clé. Comment cette période a-t-elle influencé ton jeu et ton écriture ?
C’est pendant le confinement que j’ai vraiment commencé à me plonger dans la guitare blues, parce que ça sonnait toujours très soulful et sincère. Ce qui m’a formé comme auteur, c’est surtout le fait de pouvoir créer quelque chose à partir de rien et ensuite en faire une chanson. J’ai toujours aimé le fait de ne jamais savoir où un morceau va t’emmener pendant que tu le crées, donc le voir prendre une direction, c’est toujours un plaisir.
Il y a cette vidéo de “Hoochie Coochie Man” qui est devenue virale. À quel moment tu as compris qu’il se passait quelque chose ?
J’ai remarqué que la vidéo recevait plus de likes et de vues que jamais, donc j’étais ravi de voir que ma carrière commençait enfin.
Tu fais partie d’une génération qui découvre le blues via les réseaux sociaux. Tu vois ça comme une évolution naturelle du genre ?
Oui, clairement. Malheureusement, plus personne ne sort acheter des CD ou ne prend de risques avec de nouveaux artistes, mais avec les réseaux sociaux, on n’a un peu pas le choix d’entendre de nouvelles musiques. Je vois ça comme une évolution naturelle pour tous les genres. Le rock, le blues et le jazz doivent survivre d’une manière ou d’une autre, et le meilleur moyen aujourd’hui, ce sont les plateformes sociales.

Roots & Wings est ton premier album. Dans quel état d’esprit étais-tu en entrant en studio ?
J’étais enthousiaste à l’idée d’enregistrer les idées et les chansons que j’avais depuis mes 16 ans. Je me sentais très prêt en arrivant.
Le titre de l’album est très fort, avec cette idée de “racines” et “ailes”. Qu’est-ce que ça dit de ton identité aujourd’hui ?
“Roots” signifie que je n’oublierai jamais d’où je viens, et ce que ma vie aurait pu être si j’étais resté en Afrique. “Wings”, c’est le voyage à venir dans le futur. Ça me correspond de cette façon.
« Je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup de ses pensées personnelles »
Dans le morceau titre, tu parles de racines que tu n’as jamais vues et d’ailes porteuses d’espoir. La musique t’aide-t-elle à comprendre ou à appréhender tes origines ?
Je dirais que oui. Je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup de ses pensées personnelles, mais je trouve que la musique est un moyen plus simple de les exprimer sans passer par une conversation classique.
Dans “I Wanna Know”, tu poses des questions larges, presque universelles. Ce morceau reflète-t-il ton état d’esprit à ce moment-là ?
Pas forcément à ce moment précis, mais en grandissant, ce sont des choses auxquelles je pensais de temps en temps.
L’album s’ouvre avec “Fastlane”, un instrumental très frontal. Pourquoi avoir choisi de commencer sans paroles, en laissant l’énergie parler en premier ?
J’ai ouvert avec ce morceau parce que je trouvais qu’il donnait le ton pour le reste de l’album. C’est celui qui a le plus d’énergie et ça faisait une bonne déclaration d’intention.
Le disque a un son très brut, presque live. Tu cherchais à capter quelque chose de spontané, voire imparfait ?
Oui, et ça vient de mon écoute du blues. Les meilleurs morceaux de blues que j’écoute ont ce côté live. Je l’ai déjà dit, mais ce qui rend les choses parfaites, c’est leur imperfection. Si tout sur l’album était parfaitement calibré, ce ne serait pas honnête ni réel.
Tu te définis comme un auteur-compositeur. Qu’est-ce qui vient en premier chez toi : le riff, la mélodie ou les paroles ?
Ça dépend. Pour cet album, c’était surtout le riff, puis tout se mettait en place ensuite. Mais pour les morceaux que j’écris en dehors du blues-rock, je commence par des progressions d’accords, puis les paroles, même si parfois j’ai les paroles en premier.
Tu joues avec le pouce plutôt qu’avec un médiator. En quoi ça influence ton groove et ton expression à la guitare ?
Ça influence ma manière de m’exprimer en me permettant de tenir certaines notes plus longtemps, avec moins de passages rapides. Ça m’aide à faire passer plus facilement ce que je veux dire.

Plusieurs morceaux parlent de relations intenses ou fragiles, comme “You Can’t Heal What You Hide” ou “Some Sorta Love”. Est-ce que ça vient de ton vécu ou plutôt de l’observation ?
C’est surtout de l’observation. Il ne m’est pas arrivé énormément de choses marquantes, mais vivre dans une résidence universitaire avec plein de gens, ça suffit pour écrire deux albums de problèmes.
Tu as dit vouloir ramener le blues vers ta génération. Avec des thèmes comme l’identité, le doute ou la transformation, qu’est-ce que le blues moderne représente pour toi ?
Le blues moderne est important pour moi parce que je ne suis pas le seul en première ligne à essayer de le faire vivre. Ce genre peut être très universel, et j’espère qu’avec mon public, les gens pourront s’en rendre compte.
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