La Nuit du blues de Cabannes (13), 20 ans de groove

Il y a 20 ans, quelques passionnés réunis autour de l’association Sud Regards imaginaient une soirée pour faire vibrer Cabannes au son du blues. Ce qui n’était qu’un pari est devenu une institution : la Nuit du Blues, un événement estival incontournable dans le sud de la France. Le secret de cette longévité ? « Ne jamais lâcher ! Jamais ! Et être entouré d’une bonne équipe » nous confie Antonio Amat, le Président de l’association. Ce samedi 5 juillet, pour cette 20ᵉ édition, les arènes municipales étaient à nouveau bien pleines, prêtes à vivre une soirée anniversaire à la hauteur de deux décennies d’amour pour le blues. Blues Actu y était et vous raconte.

Le groove d’Elise & The Sugarsweets en ouverture

Le public, installé dans les gradins à la tombée de la nuit, a été accueilli par la chaleur soul et blues d’Elise & The Sugarsweets. Après une entrée sur scène funky pour chauffer la scène, le groupe a enchaîné des titres de leur dernier album « Horosho » comme Good Morning, You Better Stop et Not Allowed to Sing the Blues et même deux exclusivités de leur album à venir en 2026 (The Hive et Ain’t Got Nothing). Yulia, frontwoman charismatique, a transmis une belle énergie, alternant titres groovy et passages plus intimes comme ce toujours poignant Stolen Sun coécrit avec notre ami Paco Guegan (Alphablues sur Blues Actu Radio !). Le rappel, une reprise d’Aretha Franklin (Won’t Be Long), a permis à la foule d’esquisser les premiers pas de danse de la soirée alors que la fraîcheur de la nuit tombante commençait à faire une timide apparition.

Un guitariste en costume coloré jouant de la guitare électrique, avec une chanteuse souriante derrière lui sur scène pendant un concert.
Elise & The Sugarsweets – Photo : Sylvie Declas

La révélation Gráinne Duffy

Puis le décor sonore a changé de texture avec l’entrée en scène de Gráinne Duffy, notre coup de cœur de cette 20e édition.  L’Irlandaise a apporté un souffle plus brut et viscéral, sa voix légèrement éraillée se mariant à la perfection avec des mélodies parfaitement ciselées. Des titres comme Voodoo Blues et le tubesque Well well well ont plongé le public dans un incroyable cocktail d’influences, allant de ses origines irlandaises à son amour pour la pop et le folk.

Pas de reprises des Rolling Stones dans sa setlist – dont elle est pourtant une grande fan – mais un moment de grâce absolue : la reprise de Bob Dylan, I Shall Be Released. Gráinne, grande admiratrice du songwriter, a livré une version qui touche au sublime, portée par une complicité parfaite avec son guitariste (Et mari !). Les harmonies vocales et les nuances dans son interprétation ont créé un silence quasi religieux dans les arènes, avant une belle ovation qu’on aurait aimé ne pas voir s’arrêter. C’était le cœur battant de cette 20ᵉ Nuit du Blues.

Deux guitaristes en performance sur scène, avec des éclairages colorés en arrière-plan, capturant l'énergie d'un concert de blues.
Gráinne Duffy – Photo : Sylvie Declas

Un final électrique avec King King

Quand les Écossais de King King prennent le relais, l’ambiance change encore. Leurs riffs puissants et leur rythmique millimétrée embarquent le public dans un blues-rock musclé presque sans temps mort, à l’exception du titre A Long History of Love, un classique du groupe, où Alan Nimmo se plait à étirer chaque note. Le groupe a notamment présenté en live son nouveau single publié quelques jours avant Cried Out For Love avec son intro aux claviers très 80’s. Le 2e single Strong issu de l’album à venir Light Up The Sky manquait quant à lui à l’appel. Alan Nimmo, fidèle à sa réputation de showman, toujours vêtu de son traditionnel kilt écossais, enchaîne solos flamboyants et échanges complices avec la foule, jusqu’au rappel – cette fois un titre de Clapton Old Love qui clôt la soirée en beauté avec une performance magistrale de Stevie Nimmo, le frangin, à la guitare.

🎙️ Découvrez notre interview d’Alan Nimmo, cliquez ici

Un homme souriant tenant une guitare sur scène tout en chantant à un microphone, entouré de lumière et de fumée, lors d'un concert de blues.
King King – Photo Sylvie Declas

Entre les sets, les joyeux drilles de The Wacky Jugs – seul groupe à avoir gagné la finale de l’IBC à Memphis, respect ! – ont assuré les transitions avec humour et décontraction, grâce à leurs washboards, mandolines et contrebasse. De quoi garder le sourire et l’énergie jusqu’au bout de la nuit, dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler le film O’Brother des frères Coen. Cette parenthèse roots et acoustique a offert un rafraîchissement bienvenu dans une programmation très électrique sur la grande scène.

Cette Nuit du Blues a parfaitement célébré son anniversaire : une organisation sans faille et en toute décontraction (fait de plus en plus rare dans les événements musicaux aujourd’hui), une ambiance familiale et une programmation qui a su faire voyager le public à travers 50 nuances de blues. Cabannes confirme qu’elle est bien plus qu’un simple point sur la carte sur la route des vacances : c’est une destination incontournable pour le blues en France. Merci et bravo à tous les bénévoles !

Deux personnes posant avec un appareil photo lors d'un événement musical en plein air, avec une foule et une scène en arrière-plan
Cédric Vernet et Sylvie Declas étaient présents pour Blues Actu

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par Cédric Vernet

Président et rédacteur en chef de Blues Actu

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