
Dans un mois de décembre au froid exponentiel, Cameron Winter était de passage à Paris pour un concert d’exception au Cabaret Sauvage, dans le XIXe arrondissement. Leader du groupe Geese, Cameron Winter a sorti deux albums en moins d’un an. Le plus récent Getting Killed, de Geese, sorti au mois de septembre dernier est venu bouleverser le microcosme du rock indé. Véritable bombe, la critique et le public ont adoubé ce bijou. Blues Actu y était et vous raconte.
Live report – Cameron Winter
📆 3 décembre 2025
📍 Paris – Cabaret Sauvage
📷 moilikehome et alice_scl
La révélation rock de l’année
Au mois de décembre 2024, Cameron Winter sortait un album solo ironiquement nommé Heavy Metal. Après une tournée intimiste et un passage à La Bellevilloise, très rapidement complet, le chanteur originaire de Brooklyn revenait, un an après la sortie de son album, dans la capitale au sein d’une salle presque à sa mesure (la date était également complète depuis plusieurs semaines).

Le public est au rendez-vous, le public est à l’heure. Ce soir, aussi rare que cela puisse paraître, il n’y a pas de première partie. Il faut donc être ponctuel, le concert est programmé à 20h30. Un piano occupe l’espace en milieu de scène. Il est positionné de sorte à ce que le protagoniste tourne le dos à (quasiment) l’entièreté de la salle. Cameron arrive dans une décontraction déconcertante. Il commence à jouer dans un silence (quasi) religieux. Le public joue le jeu. C’est bluffant.
Cameron Winter commence son set par une surprise, It All Fell in the River, première fois que l’artiste joue ce titre en live. Il déroule ensuite les nombreux titres de son album dans une langoureuse douceur : Drinking Age, Cancer of the Skull, $0 et le fabuleux The Rolling Stones. Ses paroles mélancoliques emportent le public :
Like Brian Jones
I was born to swim towards a month ago
Towards the Rolling Stones
Towards me and you
Swimming alone

Cameron retourne une audience déjà conquise mais se retourne peu pour regarder son public. Le public est hétéroclite, français, anglais, suédois, dannois se confondent. Le public est d’ailleurs plus anglophone que francophone. Certains ont fait le déplacement uniquement pour le concert. Il faut dire que sa tournée européenne ne comportait que quatre dates : Manchester, Londres, Utrecht et Paris. La prise de parole est sobre, il lâche quelques blagues, réfléchit à haute voix mais n’en fait pas trop. Le leader de Geese a laissé trace d’une performance et d’une présence comme il est rare de voir.
Cameron Winter est un artiste hybride. Il chante comme Lou Reed, il écrit comme Dylan, joue une mélodie similaire à celle de Tom Yorke, et possède une attitude semblable à celle de Julian Casablanca. Heavy Metal est l’un des albums de 2024, Getting Killed est l’un des albums de 2025.
Cameron Winter, du haut de ses 23 printemps, joue et occupe l’espace avec une maturité folle. Le Cabaret Sauvage a accueilli un grand artiste, qui va continuer à grandir dans les années à venir, avec Geese, ou sans.

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