
Du 28 juin au 6 juillet, la Philharmonie de Paris accueillait son festival Days Off. Depuis plusieurs années entre la fin juin et la début juillet, les différentes salles de la Philharmonie proposent des concerts avec des pointures de différents horizons : pop, électro, rock. Air, Kraftwerk ou encore Interpol ont fait résonner les murs de cette magnifique enceinte. Cette année, c’était aux tours de Beth Gibbons, Bloc Party et… Nick Cave ce samedi 5 juillet. Blues Actu y était et vous raconte !
Nick Cave, en clôture du festival, a donné deux concerts grandioses dans la salle Pierre Boulez, largement remaniée pour l’occasion. Ils présentent deux shows intimistes dans une tournée présentée en solo, finalement en duo avec le fabuleux bassiste des Bad Seeds Colin Greenwood.
Sa majesté Nick Cave
Nick Cave arrive en majesté, vêtu d’un magnifique costume blanc et noir, pour se présenter devant un public déjà conquis. Il explique qu’il a longuement arpenté les États-Unis avec les Bad Seeds et qu’il avait besoin de revenir à quelque chose de plus intimiste. La majorité de ses chansons ont été écrites pour être jouées de cette manière là. La salle Pierre Boulez qui accueille normalement des orchestres philharmoniques, et plus particulièrement l’Orchestre de Paris – résident principal de la salle – se prête parfaitement à ce concert de piano/basse rock. Oui, ce concert est un concert rock. Nick Cave insuffle cette âme de rock’n’roll à travers les cordes de son piano.
Jesus of the Moon et O Children, notamment, participent à l’ouverture de la soirée. Sur Papa Won’t Leave You, Henry, Nick Cave prouve sa facilité à occuper cette grande salle de sa voix et de son piano (et d’une basse). Il va longuement jouer avec le public avec sa voix de baryton. Il joue avec les rythmes, avec les silences, avec la soirée plus globalement. Sur Balcony Man, il invite les spectateurs des divers balcons à chanter avec lui mais interdit formellement le parterre de le faire. Nick dédie Galleon Ship à sa femme qui le regarde depuis les coulisses.

Magistral mais … intimiste
Son rappel sera rythmé de deux reprises et pas des moindres. Il commence par Avalanche de Leonard Cohen. Il explique son admiration pour ce grand Monsieur et s’attache à une reprise respectant la chanson originale. Il dédie ensuite sa reprise de Cosmic Dancer (T. Rex) à Marc Bolan. Il considère Marc Bolan comme l’un des plus grands auteurs de son temps, peut-être le plus grand, et s’attache à souligner son influence sur sa personne. Nick Cave ne fait pas dans l’extravagance, pas dans le sentimentalisme, mais plus dans la sincérité. Piquant, incisif avec son public, il est généreux et surtout sincère dans ce qu’il donne. Chacun des deux musiciens, Nick et Colin, profitent de tous les moments de la soirée. Ils n’hésitent pas à saluer à de nombreuses reprises les nombreux spectateurs, les regardent en souriant.
Les deux musiciens sont aussi heureux d’être présents que leurs spectateurs.
Nick Cave conclut la soirée par son hymne Into My Arms, seul au piano, après avoir demandé une standing ovation à son compère, il interprète l’un de ses titres phares. Largement repris par le public, ce concert “intimiste” prend fin. Nick Cave salue son public, signe un vinyle, serre les mains tendues. Nick Cave quitte la scène sous une standing ovation méritée, après 2h20 d’un concert épique. Il donne rendez-vous le lendemain pour le deuxième concert au Days Off, concert de clôture. Nick Cave quitte la scène de la Philharmonie en majesté.

