
Le 5 juillet dernier, la petite ville de Cabannes, en Provence, célébrait le 20e anniversaire de sa Nuit du Blues, un rendez-vous devenu incontournable. Parmi les têtes d’affiche de cette édition, King King a enflammé l’arène avec un son puissant emmené par son charismatique leader Alan Nimmo, toujours fidèle à son célèbre kilt. À l’issue de ce concert, Blues Actu a pu s’entretenir avec lui dans sa loge – malgré un planning très chargé (Il n’avait pas dormi de la journée et devait reprendre l’avion pour Glasgow à 3h dans la nuit !). Dans cette interview menée à deux voix, Sylvie Declas et Cédric Vernet ont évoqué avec Alan Nimmo la genèse de son nouvel album Light Up The Sky à venir, ses influences variées – allant du rock des 80’s au sonorités Motown – ainsi que ses anecdotes personnelles qui rendent cet artiste écossais si attachant et toujours aussi géréneux.
Bonjour Alan, merci de nous recevoir après ce show torride. Ce soir, c’était la Nuit du Blues de Cabannes. Quelles sont tes impressions juste après le show ?
Merci beaucoup de m’avoir invité. Quand j’ai appris qu’on allait jouer dans une arène de corrida, je dois dire que je ne comprenais pas trop. Je me disais : « Quoi ? Où est-ce qu’on va jouer ? » Mais on a réussi à en faire un super lieu, et on a passé une très belle soirée. Le public était génial. Au fil des années, on a joué dans des endroits comme Avignon et les environs, donc je pense qu’il y avait des gens ce soir qui nous connaissaient déjà. Je voyais des spectateurs chanter nos morceaux, et ça, c’était vraiment agréable. C’était un très bon moment.
Vous êtes venus ici plusieurs fois déjà avec King King ?
Oui, oui. Entre ici, Avignon, Marseille, Nice… On a tourné pas mal dans la région. C’est chouette de retrouver des visages familiers.
L’une des questions les plus importantes de cette interview et qu’on t’a sans doute jamais posée : pourquoi portes-tu un kilt sur scène ?
(rires) Je crois que je vois venir la question. Vous savez quoi ? J’aimerais avoir une super anecdote à raconter, mais non. Quand j’ai formé King King, j’ai décidé, juste pour le fun, de porter un kilt à certaines occasions, comme pour des festivals ou des concerts spéciaux. Mais la fois suivante où je n’ai pas mis le kilt, le public n’était pas content du tout. Du coup, j’ai dû le remettre, et c’est devenu une sorte d’image de marque. Honnêtement, c’est même devenu un peu un symbole pour nous. Vous seriez surpris du nombre de personnes à travers le monde qui se sont fait tatouer cette image. Un fan en France a même créé un dessin de moi en kilt, qui est devenu très populaire (NDLR : Le dessin est de Gilles Benois, que l’on salue !). Aujourd’hui, je suis coincé : je ne peux plus monter sur scène sans mon kilt. Je vais devoir le porter pour toujours, je crois.
Ton frère ne le porte pas ?
Non, non, non. Aucun des autres membres du groupe ne le porte. C’est juste mon truc, à moi.

Votre nouvel album, Light Up The Sky, arrive bientôt. Le titre et même la pochette sont très positifs et lumineux. Dans quel état d’esprit étiez-vous en l’écrivant ?
Justement dans cet état d’esprit. Le concept même des mots Light Up The Sky, je l’ai pensé en pensant à une personne en particulier. Quelqu’un que je considère comme une personne merveilleuse et belle, mais qui ne réalise pas à quel point elle est spéciale. Ces gens qui ne savent pas qu’ils peuvent littéralement illuminer le ciel par leur présence. C’est un peu ce que racontent les thèmes de l’album : surmonter les difficultés. Oui, les choses peuvent être dures, mais si vous vous faites confiance, si vous croyez en ce que vous êtes profondément, vous pouvez tout dépasser.
« Les détails sont importants, mais ils doivent rester invisibles »
En quoi cet album est-il différent de Maverick ? Tu avais dit à l’époque qu’il était « gravé dans la pierre ». Celui-ci est-il plutôt « écrit dans la lumière » ?
Ma façon d’écrire des chansons est toujours orientée vers un résultat positif. Je n’aime pas que les choses se terminent de façon négative. Comme je le dis, c’est à propos de surmonter les épreuves, et je dirais que c’était déjà le thème de Maverick. Mais ici, j’ai essayé d’aller encore plus loin. Je pense que je m’améliore en écriture à chaque album. C’est ce que je recherche : créer quelque chose d’émotionnel, mais aussi techniquement travaillé. Cela dit, je ne veux pas que le côté technique soit visible. Ce qui compte, c’est que les gens ressentent l’émotion de la chanson, qu’ils entendent un bon morceau, sans se préoccuper des détails. Les détails sont importants, mais ils doivent rester invisibles. C’est mon boulot.
Tu joues maintenant avec ton frère Stevie. Qu’est-ce que cela change pour toi ?
Oui, je joue avec mon frère depuis le début des années 90 en fait. À l’époque, on avait un projet appelé The Nimmo Brothers, et plus tard, je l’ai recruté dans King King. Musicalement, j’avais besoin d’une seconde guitare et d’une voix supplémentaire pour les chœurs, c’était très important pour moi. Je savais que la chimie qu’on avait naturellement en jouant ensemble était forte et très divertissante. C’était le bon choix à ce moment-là, et ça fonctionne très bien. Mais vous savez ce qu’on dit : « Ne travaillez jamais avec votre famille. » (rires)

Nous avons déjà entendu deux morceaux de votre prochain album. Cried Out For Love en fait partie, et le chant ainsi que les claviers au début nous ont surpris. C’est un hommage à des groupes comme Pink Floyd ou King Crimson ?
Pas nécessairement. Je suis un grand fan de blues, bien sûr, mais j’aime aussi le rock mélodique des années 80. On voulait expérimenter avec des sons différents, des claviers, et notre claviériste est très expérimenté. Il a joué avec de grands artistes. On a donc essayé plein de choses : des sons, des samples, et on a gardé ce qui fonctionnait. C’est un processus amusant quand on écrit des chansons.
On sent aussi ton amour pour la Motown dans ce morceau.
Oh, j’adore la Motown ! Mais vous savez, j’aime beaucoup de styles différents : le rock mélodique des années 80, le blues rock des années 70, les big bands, B.B. King, T-Bone Walker, Muddy Waters… et aussi la pop comme Prince. Tom Jones est même l’un de mes chanteurs préférés. D’ailleurs, nous allons faire sa première partie en Écosse ce mois-ci, à Dundee. Ma mère est sa plus grande fan, donc j’ai arrangé qu’elle puisse le rencontrer en coulisses. Elle serait comblée !
Pour l’instant, nous n’avons entendu que deux morceaux. Est-ce qu’ils donnent une bonne idée de l’album ou y aura-t-il des surprises ?
À vrai dire, il n’y aura probablement pas d’invités sur cet album. Mais je pense que les surprises viendront du cœur des morceaux. J’écris avec mes émotions, ce qui sort, sort. Il y aura peut-être un morceau piano-voix que je termine en ce moment. C’est une chanson triste, car j’ai dû dire adieu à mon chien il y a deux jours. Il était malade depuis longtemps. Ce sera difficile à chanter, mais je crois que les gens peuvent s’y reconnaître. J’essaie toujours de rendre les paroles universelles pour que chacun puisse y projeter sa propre histoire.

Ces chansons semblent taillées pour la scène. En avez-vous déjà testé certaines en live avant l’enregistrement ?
Pas vraiment. J’ai tendance à ne pas faire ça. Enfin, sauf Cried Out For Love qu’on joue déjà en concert, mais rien d’autre de nouveau. Je préfère que tout le reste reste une surprise pour le public.
Dernière question, si tu pouvais monter sur scène avec n’importe quel artiste, vivant ou mort, qui choisirais-tu ?
Ah, bonne question ! Je pourrais vous faire une liste longue comme le bras. Mais celui qui me vient tout de suite, c’est Paul Rodgers. Depuis que je suis gamin, je suis un énorme fan de Free et Bad Company. Si je pouvais jouer de la guitare sur scène et l’entendre chanter à côté de moi, ce serait un rêve !
Merci Alan !
Merci à vous deux Sylvie et Cédric !
En savoir plus sur Bluesactu.com
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
