
Jeremie Albino s’apprête à jouer pour la première fois à Paris, au Supersonic Records. Sur Blues Actu Radio, où son album a beaucoup tourné, on a tout de suite été séduits par son mélange de folk, soul, country et rock, porté par une voix sincère et sans artifices. Dans cette interview, il revient sur ses débuts dans les rues de Toronto, son travail avec Dan Auerbach, et ce que représente pour lui cette première rencontre avec le public français.
Salut Jeremie, bienvenue sur Blues Actu Radio !
Merci pour l’interview et merci de diffuser mes morceaux ! Ça compte énormément pour moi !
Jeremie, tout a commencé en chantant dans les rues de Toronto… Est-ce que tu recherches encore cette même énergie et cette connexion avec le public quand tu es sur scène aujourd’hui ?
Complètement. Jouer dans la rue m’a énormément appris, et c’est l’un des premiers moments où j’ai compris à quel point j’aimais la scène. Plus jeune, j’étais plutôt timide pour chanter devant des gens, surtout ma famille. Ça me rendait nerveux, parce que je les connaissais et je me sentais plus exposé. C’est pour ça que j’ai commencé à chanter dans la rue. C’était plus facile de chanter pour des inconnus, bizarrement. Je trouvais ça fun, et un peu libérateur. Et petit à petit, je suis devenu accro à cette sensation, à cette connexion, que ce soit quelqu’un qui s’arrête une seconde ou reste pour plusieurs chansons. C’est devenu quelque chose de très spécial pour moi. Et je continue de rechercher ça aujourd’hui, même dans des concerts plus importants. Ce sentiment de partager un moment avec le public, peu importe la taille de la salle.

« Je chanterai peut-être même une chanson en français ! »
Tu vas jouer à Paris pour la toute première fois le 30 avril au Supersonic Records. Qu’est-ce que ça représente pour toi de venir partager ta musique ici, en France ?
C’est énorme pour moi. J’ai toujours voulu faire un concert à Paris, m’imprégner de la culture, rencontrer du monde, voir comment mes chansons résonnent dans un nouveau cadre. J’ai l’impression qu’il y a une vraie appréciation de l’Americana et des musiques roots en France. Et il y a quelque chose de très beau dans le fait d’apporter cette musique dans un endroit où elle n’a jamais été jouée. J’ai hâte de sentir l’énergie du public et juste de prendre du plaisir avec le concert. Un autre truc cool, c’est que je suis Québécois du côté de ma mère, donc c’est toujours agréable d’aller dans un endroit où on parle français. Je n’ai pas souvent l’occasion de parler français en dehors du Québec ou de la France. Qui sait, je chanterai peut-être même une chanson en français !
Soul, country, rhythm’n blues, rock’n roll … ton son est un vrai meeting pot ! Comment décrirais-tu ton style à quelqu’un qui ne l’a jamais entendu ?
C’est toujours difficile à définir. Je dirais que c’est roots, soulful, et un peu brut. Mais au fond, je me vois comme un chanteur folk qui essaie simplement de raconter des histoires. Je veux que mes chansons fassent ressentir quelque chose — de la joie, du chagrin, ou juste l’envie de danser un peu. J’ai été inspiré par tellement de styles et de grands musiciens que c’est dur de rester dans une seule case. Les chansons sortent comme elles veulent. Qu’elles sonnent plus country ou plus soul, c’est juste la musique avec laquelle j’ai grandi, elle est dans mes os, et elle ressort naturellement.
Il y a un vrai sentiment de générosité dans ta manière de chanter. As-tu toujours abordé la musique avec cette intensité, ou c’est venu avec le temps et l’expérience ?
Merci pour ces mots. Je pense que ça a toujours été là. Mais c’est aussi quelque chose qui a grandi avec le temps. Plus jeune, je me retenais sûrement plus. Mais avec l’âge, les concerts, et les expériences de vie, j’ai appris à tout donner sur scène. Il n’y a pas d’autre manière de faire, vraiment. Si tu ne mets pas ton cœur dans ce que tu fais, à quoi bon ? Chanter et être sur scène me rend tellement heureux, alors c’est facile de m’y plonger à fond quand ça me rend joyeux.

Tu as dit un jour que tu n’aimais pas vraiment écrire des chansons mais que quelque chose de particulier s’est produit avec Dan Auerbach. Qu’est-ce qu’il t’a apporté, musicalement et humainement ?
Travailler avec Dan a été un vrai plaisir. J’ai tellement appris rien qu’en étant dans la même pièce que lui. Il écoute vraiment, et il m’a aidé à comprendre ce que je voulais dire et comment le dire. Il a rendu l’écriture agréable, et j’ai appris à aimer ce processus. On s’est super bien entendus en studio, et ça m’a aidé à écrire certaines de mes chansons les plus honnêtes, et parmi mes préférées.
Il y a un côté très cinématographique dans ton nouvel album Our Time in the Sun. L’as-tu imaginé comme un road movie musical ? Nous invites-tu à monter dans cette voiture sur la pochette ?
Franchement, j’ai juste écrit des chansons qui me semblaient bonnes, et la façon dont tout s’est assemblé m’a semblé super fluide. J’ai tendance à écrire des morceaux qui sonnent cinématographiques, donc je suis content que tu ressentes que l’album t’embarque. Pour la pochette, c’était une décision de dernière minute. À la base, c’était une autre image, mais après le tournage du clip de Rolling down the 405, le réalisateur a pris des super photos qui correspondaient parfaitement à l’esprit de l’album.
Tu as dit que c’est l’album où tu te sens le plus “toi-même”. Qu’est-ce que ça veut dire pour toi ?
Je suis vraiment fier de cet album. Avec les années, j’ai grandi en tant que musicien et auteur, et je sens que j’ai enfin pu faire la musique que j’ai toujours voulu faire. Au début de ma carrière, c’était plus difficile de trouver ma propre voix en studio. Mais cet album s’est construit de façon naturelle, et j’ai pu être moi-même à chaque étape du processus.
Cet album est remarquable et il est remarqué ! Quelle est la suite pour toi ?
Merci beaucoup. En ce moment, je me concentre sur cette tournée au Royaume-Uni et en Europe, et j’essaie d’en profiter au maximum. J’ai quelques nouvelles chansons en préparation, et j’ai hâte de retourner en studio. Mais pour l’instant, c’est surtout jouer ces morceaux en live, rencontrer du monde sur la route, et voir où la musique me mène. J’ai hâte de vous retrouver à Paris, ça va être une soirée spéciale !
Merci Jeremie, et rendez-vous à Paris le 30 avril !
Les dates de la tournée européenne

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