
Fondé en 2015 à Memphis, Southern Avenue est le fruit de la rencontre entre le guitariste israélien Ori Naftaly et la chanteuse américaine Tierinii Jackson. Le groupe, dont le nom est inspiré d’une rue emblématique de Memphis menant à l’historique Stax Records, fusionne blues, soul et gospel avec une énergie contagieuse. Leur tout nouvel album Family, dont la sortie est prévue le 25 avril, confirme tout le bien qu’on pensait de cette jeune formation, déjà un fleuron du Memphis sound.
Grâce à Tim Kolleth du label Alligator Records, nous avons pu bavarder avec Ori Naftaly, guitariste et cofondateur de Southern Avenue pour qui Family n’est pas simplement un titre. C’est une philosophie qui incarne les liens profonds tissés entre les membres du groupe, tant sur scène que dans la vie. Dans cet entretien, Ori partage la genèse de ce projet, les collaborations marquantes avec Boo Mitchell et John Burk, et l’essence même de leur musique, ancrée dans l’authenticité et l’héritage de Memphis.
Ori Naftaly (Southern Avenue) en interview
Bonjour Ori ! En évoquant votre nouvel album Family, vous parlez souvent d’un album sur la solidarité au sein du groupe. Le titre de l’album est très parlant, que représente-t-il pour vous ?
Bonjour Cédric. Oui, Family incarne le lien profond qu’on partage en tant que musiciens, amis, et personnes qui avancent ensemble dans la vie. Ça parle de la confiance, de l’amour et de l’unité qu’on a trouvés entre nous, avec nos familles et avec notre public, et de la façon dont tout ça s’est renforcé avec le temps. Et surtout, ça retrace chronologiquement les moments clés de notre parcours, ceux qui ont fait de nous ce qu’on est aujourd’hui. C’est une vraie histoire sur qui on est et vers où on va.
Vous avez collaboré avec deux producteurs de renom ! Boo Mitchell est propriétaire des Royal Studios à Memphis et a notamment travaillé avec Al Green, Solomon Burke, Rod Stewart ou John Mayer. John Burk à, quant à lui, créé le label Concord Records et on lui doit des collaborations avec Ray Charles, James Taylor, George Benson et Al Jarreau.. Vous pouvez nous en dire plus ?
Travailler avec John et Boo, c’était comme un retour aux sources pour nous tous, vu d’où on vient.
On n’était un groupe que depuis quelques mois quand Boo nous a présentés à John après un concert à Memphis. Depuis, le chemin parcouru nous a amenés à enregistrer la meilleure musique qu’on ait jamais faite – brute, sincère, révolutionnaire – chez nous, là où tant d’artistes ont créé le son de Memphis, le son de l’authenticité. Travailler avec Boo et John ensemble, sur un album comme celui-là, c’était vraiment l’idéal.

C’est peut-être le bassiste que je suis qui parle, mais j’ai trouvé qu’il y avait un vrai travail sur les dynamiques rythmiques dans Family. Comment parvenez-vous à construire une section rythmique pour qu’elle reste expressive sans trop en faire ?
On a vraiment fait en sorte de mettre nos voix en avant, avec la guitare, pour raconter notre histoire, et on voulait surtout que la musique soit portée, pas écrasée. La façon dont on entend, écrit et ressent la musique fait que des choses comme le rythme et la dynamique se mettent en place naturellement.
La voix de Tierinii semble plus ancrée, plus introspective sur cet album. Avait-elle envie d’explorer un autre registre émotionnel par rapport au précédent ?
Je ne pense pas que Tierinii réfléchisse en termes de registre émotionnel. Elle chante à partir de ce qu’elle vit en tant qu’être humain, de ce qu’elle traverse et comment elle évolue, et ce qui en sort … c’est ce qui en sort. Là où on en est dans notre parcours, on partage tous cette envie de rester bruts et sincères en studio, comme on l’est sur scène.
Plusieurs membres du groupe viennent de l’église ou de scènes communautaires. Est-ce que ces expériences ont pu influer sur votre présence scénique et votre lien avec le public ?
Ces expériences nous ont appris à nous connecter avec le public. Il y a un échange, une vulnérabilité partagée, une forme de guérison qui circule entre le public et nous, en tant qu’artistes. On répond à quelque chose de plus grand que nous, et on sait à quel point notre musique peut toucher, alors on porte ça avec respect et responsabilité.
« Avec la musique de Memphis, on reconnaît direct le ton, la personnalité, le son »
Rum Boogie fait référence à un restaurant emblématique de Memphis situé à l’angle de Beale Street et de la Highway 61. Vous avez souvent joué dans cet endroit et on peut retrouver quelques vidéos sur YouTube. Au-delà du clin d’oeil, quel est l’héritage de Memphis dans la musique actuelle ?
Quand on entend la musique de Memphis, on reconnaît direct le ton, la personnalité, le son. Ça évoque la liberté, le courage, l’originalité, du style, et du blues pur. Y’a plein de genres différents ici, mais la musique de Memphis, elle nous englobe tous. On ne se pose pas trop la question du genre, on pense à l’histoire qu’on veut raconter.
Maintenant que l’album est sorti, est-ce qu’il y a un morceau qui vous surprend particulièrement sur scène ?
Beaucoup de morceaux semblent vraiment toucher le public, mais Family et Sisters ont toujours une espèce de magie, quelque chose d’euphorique. Upside, lui, déclenche toujours une réaction hyper fun dans la salle.

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