
Personne, son nom est Personne. Et dans ce mythe du blues moderne, son Télémaque s’appelle Jérémy Filsonne, « Fils de Personne ». L’histoire ne se déroule pas à Ithaque mais en Normandie, dans un studio où le père et le fils se sont retrouvés autour de quelques guitares. De ces retrouvailles est né Sous le ciel, un album qu’ils ne devaient pas enregistrer ensemble et qui pourtant paraîtra bel et bien le 20 novembre. Doulancienne est le premier chapitre de cette Odyssée…
Ce devait être le nouvel album de Paul Personne. Ce sera finalement celui de Paul Personne et Jérémy Filsonne. La nuance est de taille. Lorsque le second rejoint son père en janvier 2025, son rôle doit d’abord être celui de directeur artistique. Mais à force de choisir les morceaux, de travailler les arrangements, de reprendre les textes et, évidemment, de brancher les guitares, les rôles finissent par se brouiller.
De cette collaboration est né Sous le ciel, onze titres enregistrés en tête-à-tête dans le home studio normand de Paul Personne. Père et fils y jouent tous les instruments et se partagent les voix. Une configuration assez rare pour donner à ce nouvel album une place particulière dans la discographie du guitariste.
Doulancienne ouvre le bal
Premier chapitre de cette histoire à deux, Doulancienne porte déjà un drôle de nom. On pense d’abord au nom d’une ville avant de comprendre qu’il s’agit d’un mot-valise qui mêle « douleur » et « ancienne », comme le souvenir persistant de quelque chose qui ne disparaît jamais tout à fait. Pendant 3 minutes 45, les guitares de Paul Personne et Jérémy Filsonne se répondent et donnent un premier aperçu de ce qui les réunit sur Sous le ciel.
Un disque qui s’est imposé à deux
L’histoire de Sous le ciel commence dans une période difficile. En janvier 2025, après la disparition de Gloria, l’épouse de Paul Personne, Jérémy Filsonne propose à son père de l’accompagner dans la réalisation d’un nouveau projet solo, destiné à la scène et à l’enregistrement.
Mais le cadre initial ne tient pas longtemps. Paul Personne intervient dans le choix des titres, ajoute des parties instrumentales et adapte certains textes initialement écrits en anglais. Les deux hommes commencent à partager guitares, voix, paroles et musiques. Ce qui devait être un accompagnement artistique devient peu à peu une véritable création commune.
La collaboration n’est pourtant pas nouvelle. Père et fils jouent ensemble depuis plus de vingt ans et avaient notamment partagé la scène autour de Coup d’blues, paru en 2003, et de la tournée qui avait suivi. Avec Sous le ciel, ils franchissent cette fois une nouvelle étape en signant un album entier à deux.
Deux voix, deux guitares et … Personne (d’autre)
Durant l’hiver, Paul Personne et Jérémy Filsonne s’enferment dans le home studio normand du premier. Aucun autre musicien ne participe aux séances : ils enregistrent eux-mêmes tous les instruments et toutes les voix des onze morceaux.
Les guitares restent forcément au cœur de l’affaire. Paul Personne ressort notamment sa Gibson ES-340, instrument de ses débuts, tandis que Jérémy Filsonne reste fidèle à la Fender Stratocaster. Électrique par moments, acoustique à d’autres, Sous le ciel doit naviguer entre blues-rock, mélancolie et morceaux plus apaisés.
Le mixage a ensuite été confié à Nicolas Quéré, déjà passé derrière les consoles pour Jean-Louis Aubert ou Arctic Monkeys. Au total, Sous le ciel comptera onze morceaux pour un peu moins de 44 minutes.
Doulancienne n’est donc que la première pièce d’un disque dont la genèse raconte déjà beaucoup de choses : une collaboration ancienne qui change de nature, deux générations de guitaristes et un projet solo devenu, presque naturellement, un album père-fils. Sous le ciel, de Paul Personne et Jérémy Filsonne, paraîtra le 20 novembre 2026 chez Verycords.
