
Après une parenthèse, Sinclair retrouve la scène plus motivé que jamais avec un nouveau spectacle. Entouré de cinq musiciens multi-instrumentistes, il entame une tournée marathon de plus de 40 dates – avec un passage attendu à La Cigale le 15 novembre 2025 – et publiera en octobre un live inédit en CD et double vinyle, qui fait suite à son best of sorti tout récemment.
Blues Actu a rencontré un Sinclair enthousiaste, prêt à retrouver son public, partager ses influences soul, funk et blues et à repartir sur les routes.
🎙️ Sinclair en interview
Bonjour Sinclair. D’abord… est-ce que tu t’attendais à ce qu’un média blues te demande une interview ?
Hello, ça me paraît assez cohérent à vrai dire… un média sur le hard core métal m’aurait plus surpris, j’avoue !
Dans tes morceaux, il y a toujours eu cette chaleur, cette couleur soul et parfois même une touche blues. Tu as conscience de ça ?
Absolument, c’est la base, le blues. Les fondamentaux de la musique viennent de là. Après, des dizaines d’autres influences sont venues se greffer sur ce noyau, mais le blues est au cœur de ma vibe musicale.

C’est quoi ton rapport au blues ? À la soul ? Ce sont des musiques qui ont bercé ton enfance ?
J’ai commencé mon éducation musicale très tôt, vers 5 ans, et mes premiers disques étaient Earth, Wind & Fire et Stevie Wonder. Ces deux références sont des enfants du blues. Les premiers albums d’Earth, Wind & Fire étaient très jazz, et le jazz, on sait d’où il vient… La première chose que j’ai jouée sur ma guitare était une gamme pentatonique !
Tu étais d’ailleurs plutôt bien placé pour découvrir de la bonne musique dans ton enfance… (NDLR : Son père Dominique Blanc-Francard est un ingénieur du son de renom)
Bien placé, certes, mais surtout curieux, car on peut aussi rejeter notre héritage culturel… J’ai eu la chance d’avoir à portée de main des disques, et surtout une forme d’éducation assez portée sur la musique plus que sur l’école.
Tu te souviens d’un disque, d’un artiste, qui t’a fait un choc ?
Plein de disques m’ont mis en état de choc, mais le premier titre qui m’a le plus secoué étant petit était Baba O’Riley des Who. J’ai souvent cité Stevie Wonder, mais ce titre des Who me mettait en transe, sûrement ce premier rapport au synthé !
Tu es souvent catalogué comme un artiste funk/pop en France, mais toi, comment tu définirais tes racines musicales ?
J’aime la musique qui me fait vibrer, et cette vibration est présente dans tellement de styles. On a besoin de mettre des étiquettes, mais je pense que ma musique est avant tout une musique hybride qui a pris un peu dans tous les styles. J’ai été beaucoup marqué par les 80’s et aussi beaucoup inspiré ensuite par Jimi Hendrix et Sly Stone, qui mélangeaient déjà les styles. Mais le cœur de tout ça reste la soul…
J’avais 21 ans quand j’ai entendu pour la première fois « Si c’est bon comme ça » à la radio. C’était un OVNI ce titre, non ?
C’est pourtant une des chansons les plus évidentes que j’ai composées. C’est un OVNI pour l’époque, en France peut-être, mais ça reste assez classique !
Le blues et la soul sont des musiques très organiques, qui prennent toute leur dimension en live. Toi aussi, tu as cette réputation d’être un performer hors pair… Je t’avais vu à Valence lors d’un grand concert gratuit qui avait drainé une belle foule. C’est en live que tu te sens le plus à ta place ?
Le live, c’est autre chose, c’est un moment où le corps exprime la musique. Le studio est plus cérébral, je suis plus en recherche, alors que sur scène je vais puiser ailleurs et je partage avec un grand nombre. C’est intense, j’adore. C’est aussi puissant et rassurant que brutal, parfois. Les deux me sont indispensables.
« Sur scène, je laisse la place à l’instant, à l’impro »
Sur scène, c’est ton côté soulman qui ressort ?
C’est surtout mon côté imprévisible qui sort. Je laisse la place à l’instant, à l’impro, et ça se manifeste avec de la soul évidemment… mais parfois c’est aussi la cata (rires)
Le Best Of Studio est sorti fin juin, et le Best Of Live arrive en octobre. Pourquoi ce choix de dissocier les deux ?
Alors, on a changé d’avis : je sors un live inédit avant la fin d’année, un live vraiment super avec des versions rares ! Ce sera un double vinyle et un CD plein à ras bord !

En revisitant ces morceaux en live pour le Best Of, as-tu redécouvert des titres ? En as-tu réarrangé certains ?
J’ai surtout redécouvert les démos de certains titres et je m’en suis inspiré pour les versions live. Je réarrange toujours les titres pour le live, en fonction des musiciens avec qui je joue. Je cherche à créer une cohésion entre nous et aussi à avoir l’impression de jouer des choses nouvelles… très important !
40 dates à venir… ça ressemble presque à une tournée marathon. Tu la vis comment ? Avec excitation ? Avec un peu d’appréhension ?
Je trouve ça tellement formidable, en vrai ! J’avais très envie de repartir pour un vrai tour ! Je vais être servi ! Pouvoir aller vraiment au bout du travail scénique.
Tu as un public fidèle depuis 30 ans. Est-ce que tu sens une transmission entre générations dans ta salle ? Des parents qui viennent avec leurs enfants ?
Il est un peu tôt pour en parler, mais je pense que c’est bien ce que j’imagine. En tout cas, je trouverais ça assez trippant d’avoir plusieurs générations en face de moi !
Qu’est-ce que le public va découvrir sur cette tournée ? Un Sinclair best of ou un Sinclair qui va encore surprendre ?
C’est la première fois que je vais jouer autant de titres. Il y a du passé, évidemment, et des titres récents aussi… Il y a surtout beaucoup d’arrangements et je joue de plein d’instruments (claviers, guitare, basse). J’ai envie de proposer un show bien intense musicalement, un bon challenge.
Pour terminer, « La question qui tue », pour faire un clin d’œil à Thierry Ardisson. Pour toi, qu’est-ce qu’un morceau réussi ?
Un morceau réussi est un morceau qui fait oublier le temps qui passe, qui plonge dans une émotion particulière et qui donne envie d’un « encore »…
Merci Sinclair ! Hâte de te retrouver en tournée !
📸 Benoît Millot et Guillaume Delmas
Ecoutez le Best of sur Spotify
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