
Plus de vingt ans après la disparition de Manuel Gales, alias Little Jimmy King, son cadet Eric Gales publie un album entièrement consacré à son répertoire. Porté par une production signée Joe Bonamassa et Josh Smith, A Tribute to LJK réunit un casting d’invités prestigieux et ravive la mémoire d’un guitariste trop souvent oublié. Le disque – dont la pochette évoque le style d’un biopic au cinéma – sort le 29 août mais il faudra attendre le 24 octobre pour avoir le vinyle ou le CD dans les mains.
Un hommage fraternel
Pour Eric Gales, l’objectif est simple : remettre ce répertoire en lumière, avec l’énergie qui le caractérise et l’appui d’invités triés sur le volet.
“Je voulais que les gens se souviennent de qui il était et qu’ils entendent ces morceaux comme je les entends aujourd’hui” – Eric Gales.

Dix titres, en majorité écrits par Little Jimmy King, composent ce disque pensé comme un geste de transmission. Eric Gales y déploie sa propre énergie, sans jamais perdre de vue l’âme des compositions originales. L’album s’ouvre par une courte introduction parlée de Danuel Gales, frère jumeau de LJK, qui replace le projet dans le contexte familial et rappelle le parcours de Manuel, personnage principal de ce projet maturé depuis longtemps.
Des invités de marque
Pour servir ce répertoire, Eric Gales a convoqué des partenaires de choix. Buddy Guy (Omniprésent dans de nombreuses sorties discographiques en ce moment !) et Roosevelt Collier apportent leur touche sur Somebody, tandis que Christone “Kingfish” Ingram insuffle toute sa fougue à Rockin’ Horse Ride. Joe Bonamassa intervient sur deux morceaux – Don’t Wanna Go Home et It Takes a Whole Lotta Money – ce dernier en compagnie de Josh Smith.
Chaque invité ajoute des couleurs nouvelles sans trahir l’esprit des compositions. Le résultat est un équilibre réussi entre fidélité et vitalité.
Musicalement, A Tribute to LJK oscille entre mid-tempos musclés, blues-rock serré, shuffles ancrés dans lMemphis et ballades chargées d’émotion. Comme toujours avec Eric Gales, le son est puissant, mais garde la texture organique qui caractérisait Little Jimmy King qui a joué de nombreuses années aux côtés de son frère.
Les arrangements rappellent par moments l’univers Stax, avec une section rythmique souple et des riffs soul-blues affirmés. On retrouve également des ambiances plus sombres, comme sur Waiting for the Train, qui évoque le swamp-blues, ou des classiques revisités avec un tempo relevé, comme Trouble in Mind.
Un disque qui va droit au but
A Tribute to LJK ne cherche pas la réinvention forcée. C’est un disque clair dans son intention : remettre Little Jimmy King au centre, avec un son actuel et une interprétation habitée. Pour les fidèles d’Eric Gales, il révèle un versant plus intime de son jeu, enraciné dans l’histoire familiale. Pour les amateurs de blues électrique, il offre une porte d’entrée idéale vers l’œuvre d’un musicien rare qu’il était temps de remettre au devant de la scène.
Retour sur la carrière de Little Jimmy King
Little Jimmy King, de son vrai nom Manuel Gales, naît le 4 décembre 1964 à Memphis, Tennessee. Guitariste et chanteur, il choisit ce pseudonyme en hommage à Albert King, dont il admirait le style tranchant et expressif, et avec qui il partagea parfois la scène. Formé dans l’effervescence musicale de Memphis, il se fait remarquer dans les années 80 au sein des Bar-Kays, puis aux côtés des Memphis Soul Survivors et de la Joe Louis Walker’s Band. Dans les années 90, il signe trois albums remarqués chez Bullseye Blues : Something Inside of Me (1991), Living in the Danger Zone (1993) et Soldier for the Blues (1997). Son jeu, à la fois incisif et profondément soul, reflète l’héritage de Memphis tout en affirmant une personnalité unique. Disparu prématurément le 21 juillet 2002 à Dallas, il laisse derrière lui une discographie courte mais marquante, et l’influence durable qu’il exerça sur son frère cadet Eric Gales.

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