
Après plus de dix ans à sillonner les routes avec Dirty Deep, Victor Sbrovazzo retrouve le goût du solo sous le nom de DD Rey. Quelques dates rejouées seul après le Covid ont réveillé une envie qu’il pensait avoir laissée de côté. Avec Ashes of My Forgotten Letters, il assume aujourd’hui pleinement son amour du blues et des musiques américaines. Un nouveau projet qu’il présentera le 5 octobre au Café de la Danse, à Paris.
Le goût du solo retrouvé
À l’origine, il y a d’abord l’après-Covid, les difficultés à se projeter et quelques dates reprises seul après dix ans passés à jouer en trio avec Dirty Deep. Victor Sbrovazzo ne s’en cache pas : « Une des premières impulsions qui m’a fait me poser la question de revenir à une formule solo de temps en temps, c’est simplement la conjoncture actuelle et certaines difficultés que l’on a eues à se projeter depuis le Covid. »
Ces premiers concerts vont pourtant réveiller quelque chose. « J’ai repris une ou deux dates en solo, après dix ans, et j’y ai retrouvé du plaisir. Au début, je ne pensais pas avoir très envie de refaire quelque chose sans mes frères de scène, mais j’ai retrouvé une certaine saveur, très différente certes, mais tout de même plaisante. » Le retour au solo s’est donc fait presque naturellement, sans pour autant remettre en cause l’histoire de Dirty Deep.
Restait à lui donner un nom. Dirty Deep avait bien commencé comme un projet solo en 2011, mais après une décennie à voir le groupe sillonner les routes à trois, Victor Sbrovazzo ne se reconnaissait plus totalement dans l’idée de reprendre seul cette identité. « Cela fait maintenant trop longtemps que les gens nous voient sillonner les routes à trois, et je ne me sentais plus complètement à l’aise à tourner avec cette étiquette, comme un étendard solitaire. »
Le changement s’impose alors de lui-même. « DD » conserve les initiales de Dirty Deep, tandis que « Rey » reprend le nom de famille de sa mère. Une manière de garder le lien avec l’histoire tout en donnant à ce nouveau projet une identité bien à lui.

Les deux pieds dans le blues
Le nouveau nom permet aussi de tracer une frontière plus nette entre les deux projets. Avec Dirty Deep, le blues a toujours constitué la colonne vertébrale apportée par Victor Sbrovazzo, mais le trio aime aussi déplacer les lignes et mélanger les influences de chacun. Avec DD Rey, il n’a plus besoin de chercher cet équilibre collectif : « J’ai toujours apporté dans Dirty Deep la colonne vertébrale blues, et d’autres styles américains fortement liés. Là où, avec le trio, on essaye de casser un peu les codes pour que chacun y trouve son compte, moi je mets les deux pieds dans le plat des styles que j’aime et que j’affectionne. »
Le blues retrouve donc une place centrale, entouré de folk, d’americana et plus largement de cette culture musicale américaine qui accompagne Victor Sbrovazzo depuis ses débuts. Avec DD Rey, il ne cherche plus à détourner ses influences. Il peut simplement aller droit vers ce qu’il aime.
Lauréat du Challenge Blues Français 2026, il trouve ainsi avec ce projet un espace plus personnel, mais aussi plus libre.
Ashes of My Forgotten Letters, un disque entièrement personnel
Cette liberté traverse Ashes of My Forgotten Letters. Style, textes, arrangements, direction artistique : difficile cette fois de séparer l’artiste de son disque. Quand on lui demande ce qu’il y a de plus personnel dans l’album, Victor Sbrovazzo répond par une image : « Je pense que ce serait comme demander quelle est la partie vivante d’un arbre. Tout dans cet album est personnel, le style, la direction artistique, les textes, les arrangements. »
Les morceaux parlent d’amour, de doutes, de solitude, d’élans intérieurs et de résilience. Pour Me Help montre notamment une facette plus intime de son écriture, loin de l’énergie plus frontale de Dirty Deep. Mais l’intime ne se trouve pas seulement dans les textes. Il est partout dans le disque, jusque dans la manière dont Victor Sbrovazzo le décrit : « C’est une place assise entre deux fenêtres, l’une vers ma tête, l’autre vers mon cœur. »
Le live comme deuxième visage
Avant même de dévoiler son premier album studio, DD Rey a choisi de publier Ashes – Live Sessions. Une autre façon de présenter ces chansons, avec encore moins de distance entre le musicien et celui qui écoute.
Sur scène, Victor ne cherche pas à reproduire seul la puissance d’un trio. C’est même tout l’inverse. Il veut profiter de ce que cette formule permet de plus direct : « Une expérience intime, je pense. Juste de l’émotion brute, du partage et de la sueur. »
Et pour raconter ce qu’il imagine avec DD Rey, il convoque une image assez loin des traditionnelles salles de concert : « J’ai envie de présenter ça comme si j’étais le premier randonneur qui avait installé le campement, et qui accueille les marcheurs fatigués autour du feu à la fin d’une journée éreintante. » Une guitare, un harmonica, une voix et quelques chansons pour créer ce moment de proximité.
Rendez-vous au Café de la Danse
DD Rey sera à Paris le 5 octobre au Café de la Danse, en première partie de D.K. Harrell. Le rendez-vous arrive quelques semaines après la sortie de Ashes of My Forgotten Letters et permettra de découvrir cette nouvelle formule dans son élément naturel : la scène.
Ce qui devait au départ ressembler à quelques dates solo a donc pris une vraie place à côté de Dirty Deep. Pas pour remplacer le trio, mais pour permettre à Victor Sbrovazzo de suivre un autre chemin. Un chemin où, cette fois, il peut mettre les deux pieds dans le blues.
DD Rey + D.K. Harrell
📍 Café de la Danse, Paris 11e
🕗 Lundi 5 octobre à 20 h
🎸 DD Rey en première partie
