
Avec The Blues Summit, Devon Allman – leader de l’Allman Betts Band et figure incontournable du Southern Rock – réunit plusieurs piliers du blues américain dans un album collectif sobrement intitulé The Blues Summit. Entouré de Christone “Kingfish” Ingram, Robert Randolph, Jimmy Hall, Larry McCray et Sierra Green, il exprime son attachement indéfectible au blues traditionnel tout en lui insufflant une touche de modernité. Un disque immanquable cet été !
Un passage de relai entre générations
Devon Allman retrouve, avec ce projet, le label Ruf Records, avec lequel il a sorti une série d’albums au cours de la dernière décennie, notamment son premier album solo Turquoise en 2013. Ce qui frappe à l’écoute de The Blues Summit est de constater le talent de chef d’orchestre hors-pair de Devon. Il parvient à s’entourer de musiciens qui incarnent, chacun à leur manière, une facette du blues actuel ce qui rend le casting absolument parfait. Chacun est à sa place, Kingfish Ingram apporte sa technique tranchante et sans bavure sur Runners In The Night. Robert Randolph joue sur Peace To The World, avec une pedal steel précise et un son reconnaissable à la première note. Jimmy Hall, connu pour son travail avec Wet Willie, intervient sur plusieurs titres avec sa voix toujours aussi charismatique, notamment sur Peace to the world. Larry McCray pose sa guitare et son chant sur des morceaux plus épurés. Sierra Green, quant à elle, trouve sa place avec un timbre solide, sans fioriture, comme sur le magnifique Real Love.
« Faire cet album avec ces légendes et avoir enfin mon groupe de tournée sur disque, c’est une véritable réussite musicale pour moi. Revenir chez Ruf Records tout en développant mes tournées européennes est une étape importante. J’ai hâte de jouer ces morceaux sur scène partout dans le monde. » Devon Allman

L’album évite les excès de production. Le son est net, direct. Les arrangements laissent la place aux instruments. La reprise de “Wang Dang Doodle” est juste et se passe de surjeu. Même “Little Wing”, pourtant souvent surexploitée, est ici jouée avec retenue, sans chercher à imiter l’original, inimitable.
Du studio à la scène
Cette sortie marque aussi le point de départ d’une tournée américaine qui commence le 1er août dans l’Illinois et s’achève mi-septembre à Tellurid dans le Colorado. Jimmy Hall, Larry McCray et Sierra Green accompagneront Devon Allman sur la route. Plusieurs festivals sont au programme, dont le Big Blues Bender à Las Vegas. L’Europe est également envisagée comme prochaine étape, sans dates précises à ce jour, on espère que les organisateurs français seront au rendez-vous !

The Blues Summit n’est pas un projet à part pour Devon, il s’inscrit au contraire dans une continuité, après son excellent opus Miami Moon. Après ses débuts dans Honeytribe, ses années dans Royal Southern Brotherhood puis l’Allman Betts Band, l’héritage de son père Gregg Allman, Devon Allman poursuit son travail de transmission sans chercher à s’enfermer dans un genre figé ni à copier qui que ce soit. Mieux, il a réussi, depuis plusieurs années, à imposer son propre style de blues, épuré et groovy à souhait. Le disque reste dans cette ligne claire, centrée sur les guitares, les voix, et une rythmique diablement efficace.
The Blues Summit est une manière directe de rappeler que le blues n’a pas besoin d’être réinventé pour continuer à exister mais, à l’inverse, qu’il n’est pas nécessaire de le reproduire à l’identique indéfiniment… Parce que le « Blues is a feeling » comme il le chante dès le 2e titre du disque, tel un hymne.
