
Depuis plus de deux décennies, Thorbjørn Risager & The Black Tornado électrisent les scènes du monde entier avec leur fusion unique de blues, rock, soul et funk. Fondé en 2002 par le charismatique chanteur et guitariste danois Thorbjørn Risager, le groupe s’est forgé une réputation solide grâce à des performances scéniques exceptionnelles et une discographie riche de neuf albums studio.
À l’aube de leur concert très attendu au New Morning à Paris le 19 mars 2025 et d’une tournée française, nous avons pu bavarder avec Thorbjørn Risager. Il nous livre ses réflexions sur la genèse de House of Sticks, l’évolution du groupe et leur relation privilégiée avec le public français…
Thorbjørn Risager : L’interview exclusive🎙️
Bonjour Thorbjørn, c’est un plaisir de te retrouver ! L’une des dernières fois que nous nous sommes vus, c’était lors d’une mémorable Blues Party en 2016. Ce concert reste gravé dans ma mémoire tellement l’énergie et l’alchimie sur scène étaient incroyables. Huit ans plus tard, ton groupe continue de repousser les frontières du blues-rock avec House of Sticks, un album qui mélange swamp rock, blues et funk. Quelle direction musicale voulais-tu prendre dès le départ ?
Bonjour Cédric ! Je ne pense pas que nous avions un plan précis sur la direction musicale dès le départ. Nous avançons au fur et à mesure. Cela aboutit généralement au même résultat : un mélange de blues, rock, soul et funk. Exactement comme on l’aime.
As-tu abordé le processus d’enregistrement différemment par rapport à tes précédents albums, notamment en termes de production et d’arrangements ?
C’est notre neuvième album studio, donc nous avons développé une façon de faire qui nous convient. Par rapport aux premiers albums, nous passons beaucoup plus de temps sur l’ensemble du processus, à une exception près : nous ne répétons plus autant avec tout le groupe qu’auparavant. Avec Søren, notre bassiste et principal producteur, nous faisons des démos des chansons avant de les répéter avec le groupe au complet. Cela permet d’éviter trop de discussions en salle de répétition sur l’arrangement des morceaux. Ensuite, nous réservons un studio et enregistrons pendant environ 15 jours, puis Søren mixe l’album, et voilà !

Tu as mentionné que ton processus d’écriture nécessitait une concentration profonde. Peux-tu nous en dire plus sur ce qui t’inspire et comment tu transformes une idée brute en chanson finie ?
L’inspiration peut venir dans de nombreux endroits. Souvent, j’entends une musique qui m’inspire. Parfois, une mélodie apparaît de nulle part. Je n’ai pas vraiment de mal à trouver des idées musicales, c’est plutôt l’écriture des paroles qui demande une concentration intense. Je commence donc généralement par la musique – les accords et la mélodie – et ensuite, je travaille sur les paroles. La partie musicale ne prend souvent que quelques heures, mais l’écriture des paroles peut prendre plusieurs jours.
La chanson Inner Light parle du fait de vieillir et de voir les choses différemment. Est-ce un thème récurrent sur l’album ?
Je pense qu’il y a probablement deux thèmes majeurs dans cet album : les séparations et le fait de vieillir. Comme beaucoup d’autres, en vieillissant, on ressent moins le besoin d’en faire trop ou d’impressionner. On réalise que l’émotion est plus importante que la démonstration.
Votre son est parfois comparé à celui de groupes comme The Black Keys ou à une version moderne de JJ Cale. Y a-t-il des artistes ou influences particuliers qui ont façonné cet album ?
Non, je pense qu’au fil des années, nous avons développé notre propre son. Et puis, essayer de copier la musique ou le son d’autres artistes est souvent très difficile.
Ta voix est un élément clé du groupe. As-tu une approche spécifique pour maintenir son intensité et son timbre unique, que ce soit en studio ou sur scène ?
J’ai la chance d’avoir une voix assez puissante. Elle ne me fait jamais vraiment défaut. Donc, je ne fais rien de particulier pour l’entretenir. En revanche, je veille à rester en forme physiquement, c’est indispensable si je veux assurer une centaine de concerts par an.

Vous êtes en tournée presque dix mois par an. Comment gardes-tu ton énergie sur scène, et en quoi ce mode de vie nomade influence-t-il la dynamique du groupe ?
Être sur la route peut être fatigant, mais une fois sur scène, l’énergie vient toujours. On ne veut pas décevoir son public. Ce que j’aime vraiment, c’est quand l’audience te porte tout au long du concert, c’est une vraie bénédiction. À l’inverse, il arrive parfois que le public donne l’impression de regarder une émission télévisée, et là, c’est plus difficile de maintenir l’énergie.
Vous serez bientôt de retour sur la route, avec plusieurs dates prévues en France. Es-tu impatient de retrouver ton public français pour cette nouvelle tournée ?
Nous adorons tourner en France. Le public français respecte la culture et la musique, et on le ressent à chaque instant. Et bien sûr, quand on passe autant de temps sur la route, c’est un vrai plaisir de venir dans un pays où l’on peut déguster une cuisine et des vins aussi raffinés. On attend ça avec impatience. Vive la France !
Les dates de la tournée
- 18.03.2025 : Festival Jazz En Nord, Marcq en Baroeul
- 19.03.2025 : Paris, New Morning
- 21.03.2025 : Abbeville, Nuits du Blues
- 22.03.2025 : Bonnelles, Festival Jazz à Toute Heure
- 14.11.2025 : Saint-Julien-En-Genevois, Casino
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