
Cette interview est proposée dans le cadre d’un partenariat avec Radio Pluriel. Interview réalisée par Hervé Laurent. Transcription et traduction par Cédric Vernet. Photos : Hervé Laurent
Le guitariste, chanteur et auteur Selwyn Birchwood, originaire de Floride, s’impose aujourd’hui comme l’une des voix les plus inspirées du blues moderne. Lauréat du prestigieux International Blues Challenge en 2013 et signé chez le vénérable label Alligator Records, il a forgé son propre langage musical, qu’il décrit comme Electric Swamp Funkin’ Blues, un mélange de blues traditionnel, de funk, de soul et de rock psychédélique. En tournée européenne pour présenter son sixième album à venir, il s’est arrêté au Quartier Latin Jazz Club à Sainte-Colombe dans le cadre de la 55e édition du Chicago Blues Festival. L’occasion d’un entretien exclusif où il nous parle de l’arrivée prochaine d’un nouvel album …
🎤 Selwyn Birchwood en interview
Bonjour Selwyn ! Tu es né à Orlando avant de déménager à Tampa. La Floride est une terre où le blues électrique a toujours occupé une place majeure. As-tugrandi dans cet environnement musical ?
Pas vraiment. Je n’ai pas grandi dans une famille de musiciens. Mes parents aimaient la musique, j’en ai beaucoup entendu, mais personne n’en jouait. J’ai trouvé mon propre chemin. J’étais un peu l’original qui ne pensait qu’à la musique. Au collège, j’ai voulu apprendre un instrument, j’ai choisi la guitare à 13 ans. J’ai découvert le blues quatre ans plus tard, puis j’ai commencé à jouer en groupe et à tourner quelques années après. C’était un démarrage lent, mais la flamme brûle toujours.
Quels ont été les artistes ou les rencontres qui t’ont ouvert les portes du blues ?
Buddy Guy. Je l’ai vu à 17 ans au House of Blues à Orlando. C’était une vraie révélation. Et après, me retrouver plus tard à jouer à Jazz à Vienne la même soirée que Buddy Guy, c’est fou quand j’y pense. Depuis, j’ai développé mon propre son, je compose, j’enregistre. Mon sixième album sortira l’an prochain chez Alligator Records.
Ton nouvel album est annoncé pour l’an prochain. Où en est précisément sa création ?
Oui, il sort l’année prochaine. Il n’était pas totalement terminé à temps pour une sortie cette année. L’enregistrement et le mastering se sont finalisés trop tard, donc il arrivera en mars.

Après cinq albums, comment aborde-t-on la conception d’un sixième opus ? Cherche-t-on à se réinventer ou à approfondir son identité sonore ?
Chercher encore davantage mon propre son. Sur ce nouveau disque, je pense m’en approcher plus que jamais. Je décris ma musique comme du blues électrique, swamp et funk. Ce sera d’ailleurs le titre de l’album. C’est un mélange de toutes les influences que j’aime. J’ai hâte que tout le monde l’entende.
Le “swamp” évoque souvent la Louisiane, moins la Floride …
On en a beaucoup en Floride aussi, des marécages, des alligators… Même débat pour savoir qui en a le plus ! Et pour la musique swamp, on peut en jouer en Floride aussi.
« Les amplis, les pédales, ça aide, mais ce n’est pas l’essentiel. »
Dans la tradition blues, on dit souvent que l’essentiel réside dans le toucher et non dans le matériel. Tu es d’accord avec ça ?
Oui. Les amplis, les pédales, ça aide, mais ce n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est ce que vous mettez dans votre jeu. Trois notes de Hendrix ou de Stevie Ray Vaughan et on sait que c’est eux, parce que leur personnalité s’exprime à travers leurs mains, peu importe l’instrument.
Où as-tu enregistré ce nouvel album et avec quels musiciens ?
En Floride, à Sarasota, avec mon groupe, celui qui est sur scène ce soir. Mon saxophoniste Reggie Oliver est avec moi depuis quinze ans, mon bassiste Huff Wright depuis quatorze, mon batteur depuis deux ans. Pour cette tournée, nous avons un invité spécial à l’orgue, Eric Robert, qui joue habituellement avec Bernard Allison.
Peux-tu nous présenter la tournée qui t’amène aujourd’hui en Europe ?
C’est une tournée européenne de cinq semaines, avec 27 concerts en France, en Belgique et en République tchèque. Ce sont beaucoup de concerts, et j’en suis très content car j’aime vraiment la France.
Ta notoriété est-elle plus forte ici que dans d’autres pays d’Europe ?
Je ne sais pas, mais on joue davantage ici, et c’est très bien ainsi.
Et aux États-Unis, ta musique bénéficie-t-elle d’une reconnaissance nationale ?
On a joué dans 27 pays en douze ans, donc je pense qu’on est reconnus dans pas mal d’endroits.
Quels horizons s’ouvrent en 2025 ?
Le nouvel album et une grosse tournée pour l’accompagner. L’agenda est déjà bien rempli. On a vraiment hâte que les gens puissent écouter ce disque.
L’album paraîtra également en France ?
Oui, bien sûr. En mars ou avril. En vinyle, CD et numérique.
Pour conclure, y a-t-il un aspect essentiel de ta démarche que nous n’aurions pas encore évoqué ?
Non, je crois que tout est dit. On aime jouer, tourner, partager cette musique. On est heureux d’être ici et enthousiastes chaque fois qu’on revient !
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