The Two « Le blues c’est la source, c’est la prière, la spiritualité »

Le duo suisse est à l'affiche de la 4e Blues Party

The Two, c’est l’une des révélations de la nouvelle génération du blues ! En à peine 1 an et demi, ce duo composé d’un Suisse et d’un Mauricien, est devenu la coqueluche des festivals européens, de Montreux à Cahors, jusqu’à Johnny Hallyday qui leur a proposé d’assurer leur première partie. Retour sur leur passage dans le Blues Café Live

Vous êtes deux, vous vous nommez The Two, jusque là rien d’anormal, mais votre rencontre, c’est quand même une drôle d’histoire ! Il parait que vous étiez bénévoles sur un festival, le Blues Rules à Lausanne, et que vous avez menacé les organisateurs d’un scandale si vous ne pouviez pas jouer sur scène. C’est une légende ?

Thierry : C’est plus ou moins ça ! En fait, on s’est rencontrés dans d’autres circonstances… Yannick venait d’arriver en Suisse et moi, je tournais avec un groupe de funk. Lors d’un soundcheck, Yannick est venu me dire qu’il pourrait jouer de l’harmonica. J’ai dit ok et du coup, il a commencé à tourner avec nous. On s’est retrouvé bénévoles au Blues Rules et c’est là qu’on s’est dit… on va se faire un truc ensemble !

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The Two au Blues Café Live

Pourquoi ce nom The Two ! Lorsque vous jouerez en trio, comment allez-vous faire ?

Yannick : Et bien ce sera alors The Two & Friends (rires)

Thierry : En fait, pendant la première année, on s’est appelé de noms différents, car on ne savait pas quoi retenir. The Two, c’est venu naturellement. C’est proche de notre philosophie. On crée à deux, on chante à deux, et même si en réalité on a une équipe quoi nous suit, on est une entité, The Two !

Yannick : Pour être plus précis, on jouait tous les deux backstage au Blues Rules et petit à petit, des types comme Eric McFadden et Wes Mackey sont venus jammer avec nous. Là, on s’est dit « on y va ».

Vous n’arrêtez pas de jouer dans plein de festivals, en Suisse et ailleurs. Vous avez même ouvert il y a peu de temps pour Johnny Hallyday, devant 10 000 personnes à l’Arena de Genève. Comment cela s’est-il passé ?

Yannick : C’était incroyable, une expérience complètement barge ! Tant de monde autour de nous, toute l’équipe Hallyday, ils sont 80 en tout, et nous avons été formidablement bien accueillis, mis à l’aise, sauf pendant les 5 minutes avant de monter sur scène, où là, on l’était moins. C’était comme dans un rêve !

Thierry : Je me revois plus jeune en train d’apprendre la musique de Johnny, à déchiffrer le « Pénitencier » à 13 ans. J’avais un oncle qui s’appelait Gabriel, et à chaque fois qu’il buvait trop de rhum, il chantait la chanson et on l’appelait Johnny (rires) …

Le groupe est né d’une rencontre et on sent bien que les rencontres, c’est important pour vous …. Par exemple Eric Bibb, une grande influence non ?

Yannick : Eric Bibb, c’est notre idole, notre inspiration, notre muse, presqu’un Dieu pour nous.

Thierry : Oui, les rencontres, c’est très important. On fait aussi de la musique pour ça. Yannick vient de l’Ile Maurice, moi de Suisse, mais le plus dans la musique, c’est la rencontre ! Avec les gens, le public. On vous a rencontrés tous les deux aussi…

On peut citer aussi un autre artiste que l’on aime beaucoup : Martin Harley …

Thierry : Oui, on l’a croisé en Suisse, gros coup de cœur, et après dans un festival on a eu la chance d’avoir une carte blanche pour faire venir quelqu’un et on l’a invité. C’est un gars magnifique et il faut voir comment il joue de la guitare…

Vous dites que « le blues, c’est le vivre ensemble, un partage, un moment de communion où l’artiste bouge les consciences, amène de l’émotion et de la spiritualité »

Thierry : On dit ça tout le temps, sous une forme ou une autre, et on le vit sur scène, parce que le blues, au départ, c’est de la spiritualité, c’est prier pour continuer d’avancer, garder espoir, pour vivre et pour rester ensemble … c’était ça, le Blues !

Yannick : Et même si ensuite, le blues, le Chicago blues, a apporté une partie plus entraînante, le blues c’est la source, c’est la prière, la spiritualité…et nous, on prend ça !

L’album est sorti en 2014. Il s’appelle Sweet Dirty Blues. On y trouve pas mal de ballades. Pourquoi « dirty » ? Votre musique n’est pas si dirty que ça …

Thierry : Non, mais on a enregistré cet album dans des conditions un peu spéciales, en respectant notre énergie. On l’a d’ailleurs enregistré 3 fois. Deux fois, on l’a mis à la poubelle. La 3e fois, on a enfin trouvé notre son et notre technique, notamment avec un micro entre nous eux. Du coup, on a du appréhender notre musique de façon beaucoup plus calme que ce que l’on fait sur scène. Le côté « dirty » se retrouve peut-être plus sur scène par l’énergie qu’on donne et l’album finalement reste plus sweat …

Sur ce disque, il y a un mélange des genres, du blues évidemment, mais aussi des airs créoles

Yannick : Oui, il y a notamment un hommage à ma grand-mère qui est partie cet été. Et « Roseda », un autre hommage encore, cette fois-ci au grand Alphonse Rabatton, le seigneur du Sega, musique traditionnelle de l’Ile Maurice. C’est du blues mauricien, je dis blues, j’insiste là-dessus, parce que nous sommes des descendants d’esclaves. L’esclavage est parti vers l’ouest, vers l’Amérique, mais aussi vers l’est, dans les iles de l’océan indien, et on retrouve le même cri que le blues dans le séga, le maloya  ou le salé malgache.

 

1 Comment on The Two « Le blues c’est la source, c’est la prière, la spiritualité »

  1. Un groupe duo remarquable en effet. Du blues mauricien, c’est très original.

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  1. Jamais Two sans trois | Fréquence Banane Live

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