
Cette semaine, L’Instant Vinyle vous propose un détour inattendu par l’Italie avec un album culte : Blue’s de Zucchero Fornaciari, ou comment le blues, le gospel et la soul se réinventent sous le ciel de l’Émilie-Romagne.
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ZUCCHERO SUGER FORNACIARI – L'INSTANT VINYLE DE BLUES ACTU RADIO – L'INSTANT VINYLE
Le blues avec un accent italien
1987. Trois albums, plusieurs tubes en Italie, et une envie de plus grand. Après deux années passées aux États-Unis, à apprendre, écouter, digérer l’essence du rhythm’n’blues avec Randy Jackson (producteur Grammy), Zucchero rentre chez lui transformé. Il pose alors sur bande un disque solaire qui marquera un tournant dans sa carrière et propulsera sa voix rauque et chaleureuse bien au-delà des Alpes.
Une alchimie parfaite entre blues et mélodie italienne
Blue’s n’est pas une imitation du blues américain. C’est une synthèse, une réinvention. Zucchero y injecte ses racines méditerranéennes, une sensibilité unique, des textes empreints d’ironie, de douleur et de poésie.
Et quelle équipe ! Aux cuivres, les légendaires Memphis Horns. Au sax, Clarence Clemons, compagnon de route de Springsteen. Aux claviers, David Sancious (Clapton, Santana, Sting…). Aux chœurs, une chorale gospel tout droit sortie d’une église adventiste.
Le résultat ? Un disque porté par une énergie euphorisante qui électrise encore les salles aujourd’hui, plus de 35 ans plus tard.
Le blues du cœur
Derrière l’exubérance et les cuivres brillants, Blue’s est un album né de la douleur : Zucchero vit alors une rupture difficile. Et cela s’entend. Dans « Hey Man », il cherche un ami, une main tendue dans la solitude. Un morceau poignant, qu’il reprendra plus tard avec Eric Clapton ou B.B. King.
Mais c’est avec « Dune Mosse » que Zucchero touche au sublime. Une chanson de sable, de vagues intérieures, de paysages en mutation. L’italien s’y mêle à l’anglais, parfois à des mots inventés – son fameux anglais macaronique – pour créer un langage de l’âme. Les paroles flottent entre rêve et chagrin : “Dentro una lacrima e verso il sole” – dans une larme et vers le soleil.
Une beauté fragile qui n’a pas échappé à Miles Davis, séduit au point de collaborer sur une version du titre.

Clin d’œil malicieux et émouvant sur la pochette de l’album : une photo signée Neal Slavin représentant une chorale noire… avec un seul homme blanc, âgé, souriant. Sur le verso, ce visage est remplacé par celui de Zucchero. Un geste simple, à la fois hommage et déclaration d’amour au gospel, à la musique afro-américaine, et à l’enfant de chœur qu’il fut, élevé dans les chants d’église.
Blue’s sera le tremplin. Dès lors, la carrière de Zucchero explose : 60 millions de disques vendus, des duos avec Sting, Pavarotti, Morricone, Stevie Ray Vaughan, Bono, et même notre Johnny national.
Mais tout commence là, sur ce disque incandescent et généreux, où l’on entend un homme transformer ses blessures en lumière.
Ecoutez l’album sur Spotify (Puis allez acheter le vinyle !)
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