
Ronan, c’est un artiste qui arpente inlassablement les routes depuis plus de vingt ans, prêchant l’authenticité à travers un jeu habité et une voix rocailleuse qui souffle le blues avec une intensité brute. Après des expériences électriques et un passage remarqué à l’International Blues Challenge de Memphis, il revient à l’essentiel avec A Piece Of Life, un album plus intime et épuré qui sera dans les bacs de vos disquaires le 4 avril. Une guitare, une voix, rien de plus pour ce voyage introspectif où Ronan se livre comme jamais. Rencontre avec un artiste qui a le blues au cœur.
Bonjour Ronan ! Tu décris « Piece of Life », ton nouvel album comme un disque plus intimiste et introspectif. Qu’est-ce qui t’a poussé à prendre cette direction ?
Bonjour Cédric. Je pense que j’avais surtout envie de retourner à quelque chose de plus simple. J’avoue que des problèmes de genou ont fait que j’ai un peu abandonné la batterie. Et puis le soir, quand j’écrivais ou que je gratouillais un peu, j’utilisais énormément la guitare acoustique, donc les morceaux sont sortis comme ça, tout naturellement. Je n’ai pas spécialement réfléchi, j’avais pas mal de morceaux en picking qui traînaient, et il m’a suffi d’écrire des textes dessus. Cette fois, j’avais envie de me livrer davantage, car mes précédents albums contenaient beaucoup de reprises. J’avais besoin d’expliquer un peu ma vie, même si c’est en demi-mots. Si on ne parle pas anglais, on ne peut pas tout comprendre, mais je me livre un peu plus, notamment sur le fait d’être père.
Ce besoin de te livrer, est-ce ce qui a influencé le choix des textes et des thèmes abordés ?
Oui, clairement. Je pense que j’ai absorbé beaucoup de choses depuis mon dernier album Lonesome Wolf. J’avais envie de visiter d’autres styles, de montrer une autre facette de moi. Le fait d’avoir écrit et composé tous les morceaux a apporté une diversité et permet de voir que je ne fais pas que du hill country blues ou du boogie. J’ai grandi avec plusieurs styles musicaux, et la folk tient une grande place dans ma vie. C’est même par ce biais que j’ai découvert le blues, donc il était important pour moi de le montrer.
Il y a-t-il un titre qui te tient je crois particulièrement à cœur, sur ce disque et qu’il t’a fallu quelques années pour enregistrer … tu peux nous en parler ?
Oui, je pense que tu parles de Compagnon de bordées. Je l’avais enregistré en 2014, mais il date de 2012. À l’époque, je n’étais pas prêt à le livrer au public. Il évoque la perte d’un ami, et il m’a fallu du temps pour l’accepter. Aujourd’hui encore, ma voix tremble en en parlant, mais je pense qu’il était temps de le partager. Que ce morceau touche les gens ou non, ce n’est pas le plus important : je pense que mon ami aurait été fier de l’entendre.
Depuis Lonesome Wolf en 2018, ton parcours a été riche en expériences, notamment avec Blue-Footed Boobies. Comment ces aventures ont-elles influencé ce nouvel album ?
Toutes ces expériences m’ont fait grandir. J’ai eu la chance de jouer à l’Orpheum à Memphis pour l’International Blues Challenge avec France Blues. Ensuite, j’ai beaucoup collaboré avec Marco Balland, et ensemble, nous avons monté The Blue-Footed Boobies. On prépare actuellement un deuxième album. Toutes ces collaborations m’ont permis d’avancer sur mon style et d’évoluer musicalement. J’ai énormément travaillé ma guitare, et j’avais envie d’un son plus simple, plus proche de mes racines folk et blues acoustique. Cela tranche avec le groupe, qui est très électrique et blues rock.

Est-ce une nouvelle étape dans ta carrière ou un simple retour à tes racines ?
Je ne sais pas si c’est une nouvelle étape, mais je pense que je m’assume davantage en tant que chanteur, guitariste et auteur-compositeur. J’essaye toujours d’être sincère. Dans le blues, on ne peut pas tricher, on chante nos émotions, nos vies. J’ai progressé avec toutes ces expériences, et aujourd’hui, j’arrive à m’assumer totalement, juste avec une guitare et une voix.
Comment comptes-tu défendre cet album sur scène ?
Comme sur l’album : guitare-voix, avec un seul micro devant, à l’ancienne. C’est un vrai retour en arrière et un challenge pour moi, car je me suis longtemps caché derrière la batterie. Là, je vais me livrer encore plus sur scène, expliquer mes morceaux, amener le public dans mon univers. Ce sera moi et mes guitares, car avec les différents accordages, j’en aurai besoin.
Merci beaucoup, Ronan, et à très bientôt sur scène !
Merci beaucoup Cédric et à très bientôt.
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