Haylen « Je suis une fille des années 2020 bien ancrée dans mon époque »

On dit de Haylen que c’est une « pin-up des temps modernes », mais c’est surtout une artiste aux multiples facettes inspirée par la musique, le glamour et les icônes des 50’s-60’s. Après un 1er EP « Out of Line » très remarqué elle sort en février son 1er album intitulé « Blue Wine ».

Par Cédric Vernet
En partenariat avec Blues Café Radio
Photos © Eve Saint Ramon et Kevyn Diana

Haylen, on te compare souvent à Imelda May mais Amy Winehouse n’est jamais très loin. Quelles sont tes autres références ?

Oui, ce sont deux artistes qui m’inspirent et que je porte dans mon cœur. J’aime les chanteuses à grande voix comme Etta James, Big Mama Thornton mais aussi Otis Redding ou Elvis Presley. Bref, les hommes et les femmes qui font de la bonne musique !

Sur ce dernier disque, tu as travaillé avec l’immense musicien de rockabilly Darrel Higham, qui a composé certains des succès de Imelda May. Il t’a offert le titre « Scary Story ». Comment s’est faite cette rencontre ?

Ça a été une chance immense de travailler avec le faiseur de succès de Imelda May. Nous nous sommes rencontrés sur les réseaux. Je lui ai écrit un message et on a correspondu un moment avant qu’il me propose une chanson qu’il avait dans son tiroir sans savoir, jusqu’alors, à qui la proposer. J’ai écouté la chanson et je me suis dit qu’elle était vraiment faite pour moi. C’est vraiment un honneur d’avoir cette chanson sur l’album.

Tu véhicules une esthétique vintage et avec toi on voyage dans les années 50, 60, 70 … Tu as emprunté la DeLorean de « Retour vers le Futur » pour connaître aussi bien cette époque ?

Non, mais j’aurais adoré lui emprunter un court instant ! Du coup, je me suis débrouillée autrement, j’ai participé à des brocantes, j’ai acheté des vieux vinyles. Je me suis servie des inspirations des grandes chanteuses que j’aime pour remonter le temps dans leurs propres influences. J’ai trouvé mon bonheur dans les années 40 et 50, c’est cette musique qui me fait vibrer, mais on peut découvrir de belles chansons tous les jours.

On sent une certaine soif d’expériences chez toi et ton CV est déjà très long. Ton parcours, c’est le fruit de beaucoup de rencontres ?

Oui, j’ai eu cette chance folle de pouvoir collaborer sur plein de projets différents que ce soit avec le Crazy Horse, Jean-Paul Gauthier ou « The Dire Straits Expérience ». Il y a quelques années, je débutais ma carrière solo en jouant dans le Métro à Paris. C’est dingue d’avoir pu voyager à l’étranger pour me produire dans les plus grands théâtres de Chine, de Russie, d’Angleterre.

Ce goût du vintage, tu es allée également le chercher dans le son puisque tu as enregistré sur des micros d’époque, dans le studio de ton batteur Felix Bourgeois …

On a voulu retrouver un son à l’ancienne tout en gardant une touche actuelle. C’était très important pour moi car je suis une fille des années 2020 bien ancrée dans mon époque. On est allé chercher des vieux micros RCA ou Neumann pour avoir cette chaleur de la voix et un son vintage.

On a commencé à parler de tes musiciens, est-ce que tu peux nous présenter les autres membres de ton groupe ?

A la batterie, il y a Félix Bourgeois qui a aussi réalisé l’album. C’est un multi instrumentiste hors pair et il a bien compris où je voulais aller artistiquement. Ensuite, Théo De Hond avec qui j’ai écrit pas mal de titres de l’album. Et enfin Andrew Mazingue, à la basse, contrebasse et chœurs. Il est franco-américain et j’ai pu aussi retravailler les textes avec lui.

Les arrangements sont superbes avec un orchestre à cordes et des cuivres…

On a eu beaucoup de chances d’avoir pu enregistrer avec Les Parisiennes Quatuor, un ensemble de violonistes. Elles sont venues poser leurs cordes magnifiquement arrangées par Felix et Andrew. On a aussi pris une section de cuivres pour sublimer le tout et ajouter de la profondeur sur des titres comme « Si Jamais » ou « With U I Feel Alone ». Pour moi, c’était un rêve de pouvoir faire un album avec une grosse équipe façon big band.

L’album comprend deux titres en français « Si Jamais » et « Ne me Laisse pas Seule ce soir » et tu réussis un challenge incroyable de les faire sonner comme les titres en anglais, à tel point qu’on en oublierait presque que tu chantes en français. C’est quoi ton secret ?

C’était clairement un challenge ! Théo De Hond a insisté pour qu’il y ait des titres en français sur le disque mais je voulais qu’ils sonnent comme les autres, qu’il n’y ait pas de différence à l’écoute entre le français et l’anglais. Ça a été un vrai plaisir à faire et j’espère que le public appréciera !

Il va falloir que tu nous expliques le titre de cet album « Blue Wine », qui n’est pas une chanson du disque …

Je ne voulais pas forcément que ce soit le titre d’une chanson de l’album car ça aurait pu être un peu trop connoté. Je cherchais avant tout à poser une ambiance. J’aime le cinéma et je voulais retrouver cet esprit cinématographique, comme la BO de ma vie et des gens qui vont l’écouter. Le bleu reflète bien la couleur de l’album, il mêle la mélancolie et le souvenir tout en restant chaleureux. Quant au vin, c’est aussi quelque chose de chaud, ça évoque une ambiance friendly, les amis, la famille…  

Un mot sur ton premier clip « Secret Rhythm », il est réalisé par Kevyn Diana et il rend clairement hommage au cinéma, c’était une chouette expérience ?

Oui, on est allé tourner le clip en Espagne, au milieu du désert, entre deux confinements ! Kevyn a parfaitement compris ce que j’avais envie de raconter. On a fait une grosse production, on s’est vraiment donné les moyens. J’ai été aidé par un ami qui a trouvé des Harleys et une superbe Pontiac des années 70 pour faire cette fabuleuse course poursuite ! C’est très inspiré du cinéma de Quentin Tarantino, de son film « Boulevard de la Mort » notamment.

L’interview a été publiée dans le numéro 108 de Blues Magazine en avril 2023


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