Lenny Lafargue en interview : « Je n’avais pas prévu de faire une carrière »

Avec la disparition de Lenny Lafargue, le blues français a perdu l’un de ses dignes représentants. Il n’était ni surmédiatisé, ni surestimé par le public : il avait par exemple une place légitime aux côtés de son ami Benoît Blue Boy. Une longue carrière, des bas dignes de bluesmen américains, des hauts qui lui ont procuré confiance en soi et joies éphémères, aucune concession au « show-biz » : Lenny Lafargue a toujours défendu farouchement un certain idéal de liberté, dans sa création comme dans sa vie personnelle.

Lenny Lafargue privilégiait l’artisanat à l’industrie musicale, les paroles simples et percutantes à d’énigmatiques arabesques littéraires, les musiques brutes et directes comme le blues des pionniers aux traficotages électroniques, la douceur d’une calme partie de pêche au bruissement des mégalopoles, les relations humaines fortes à la superficialité de notre société, les hasards et les belles rencontres à un idéal carriériste.

Pour lui rendre hommage, Blues Actu publie, pour la première fois, l’interview que Lenny Lafargue a accordé à Marc Loison le 11 mai 2024 pour Sweet Home Chicago, en version audio et en texte.

A lire également sur notre site , l’hommage de Cédric Vernet, en cliquant ici.

🎤 Lenny Lafargue en interview avec Marc Loison

Alors là, c’est toute une histoire. Certains vont dire que c’est mystique. Moi, je ne sais pas quels termes employer. Je ne sais même pas pourquoi j’en suis là. En fait, c’est venu tout seul. C’était écrit, certains le diront.

Dans les années 1960, j’étais un gamin et ma sœur faisait des boums. J’étais assez réceptif au rock anglais et américain qu’on y écoutait. Il y avait des 45-tours, bien sûr des hits des Stones et des Kinks. Mais, dans le tas, j’ai un jour trouvé un 45-tours de Sonny Terry et Brownie McGhee. Je ne saurai jamais pourquoi, mais cela m’a interpellé et j’ai pris le disque. Je l’ai écouté et je me suis dit : « Waouh, c’est génial, ça ! » Tout a démarré comme ça.

J’ai ensuite éprouvé la même sensation avec un disque de Ray Charles. J’ai été vraiment harponné. Je me suis dit : « Ce monsieur-là, c’est Dieu. » J’avais été au catéchisme, mais je me suis dit qu’ils auraient dû m’en parler !

Vers 12 ou 13 ans, j’avais pris une guitare et un porte-harmonica. Je voulais devenir un grand bluesman et je pensais que, si je jouais dans la rue, j’allais le devenir. J’ai ensuite découvert Furry Lewis. J’ai vu qu’il avait enregistré dans son lit et je me suis dit que c’était formidable. J’ai compris qu’il jouait avec un bottleneck et j’ai essayé de faire pareil. Puis je suis tombé sur un disque de Freddie King. Là, je me suis dit : « Waouh ! Moi, je veux jouer comme ça, de l’électrique. »


« En Angleterre, des types jouaient comme des dieux »


Oui. J’ai vécu en Angleterre à l’époque du British Blues Boom, même si je ne savais pas que cela s’appelait comme ça. Il n’y avait pas de méthode en France et, dans notre secteur, autour de Bordeaux, personne ne jouait cette musique. Il y avait des groupes de rock qui faisaient du Led Zeppelin ou du rockabilly, mais pas de blues.

En Angleterre, j’ai vu des types qui jouaient comme des dieux. Je les regardais et j’essayais de comprendre. J’ai aussi acheté beaucoup de disques. De retour en France, j’ai rencontré à Arcachon une Allemande qui était déjà professionnelle. Je faisais des espèces de blues sur un accord ou avec un bout de bottleneck. Elle m’a montré quelques trucs.

Je suis ensuite tombé sur un musicien américain de passage. Nous avons fait le bœuf et il m’a dit que je n’étais pas dans les mesures. Jouer seul est une chose, mais, pour jouer avec d’autres, il vaut mieux que les douze mesures se terminent en même temps ! Il m’a expliqué tout cela.

J’ai vraiment appris de bric et de broc, grâce aux rencontres. L’été, dans les campings, il y avait des Belges et des Anglais qui jouaient très bien. À partir de 16 ans, je n’étais plus chez mes parents. Je me débrouillais et je jouais dans les cafés, dans la rue, partout où l’on voulait de moi. J’ai rencontré des musiciens qui faisaient du cajun et du zydeco. Il y avait un violon, un accordéon, une mandoline et des percussions. J’ai intégré le groupe et ces gens-là m’ont appris à accompagner.

J’ai aussi découvert à Bordeaux une boutique dont l’arrière-boutique était une caverne d’Ali Baba. Il y avait des dizaines de disques de blues. Toutes les semaines, dès que j’avais un peu d’argent gagné en faisant la manche, j’allais en acheter un. Je me suis constitué une collection redoutable et j’ai travaillé sans arrêt sur les disques, à l’oreille.

Pas du tout. Je n’espérais vraiment pas faire une carrière musicale. J’étais à cent mille lieues d’avoir des plans de business comme on en fait maintenant. Je n’y pensais pas.

Après une vie un peu gitane, dans la rue, je suis retourné en Angleterre. J’y ai rencontré une femme, je me suis marié et j’ai eu un enfant. Il fallait assurer un minimum, alors je suis devenu métallo-soudeur et je ne jouais plus que pour mon plaisir.

À l’époque, il y avait beaucoup de morts dans ce métier. Moi, j’y ai échappé. Nous montions parfois à quarante ou cinquante mètres sur des échafaudages. Une amie assistante sociale m’a dit : « Il faut que tu arrêtes, parce que tu as un don. Tu joues vraiment bien. » Je ne savais même pas que j’avais un don.

Lenny Lafargue au Cognac Blues Passions – Source : Site de l’artiste.

Elle m’a proposé d’animer des ateliers de musique pour des jeunes difficiles, des jeunes délinquants. Je suis entré dans un centre social à Bacalan, à Bordeaux. C’est là que j’ai démarré la formation musicale.

J’ai ensuite emmené des jeunes délinquants sur la route. Cela n’a pas été facile, mais c’était une expérience. Nous nous déplacions en province avec trente ou quarante jeunes. J’ai également travaillé dans les prisons avec l’association de Lili Le Forestier. J’ai beaucoup fait de formation musicale. Je pense que c’était aussi mon karma : j’avais ces deux dimensions, musicien de scène et formateur.

En parallèle du centre social, j’ai monté Mojo Blues. Je suis tombé sur un guitariste qui avait du métier, un vieux routier qui avait des contacts et qui a vu mon potentiel. Il a trouvé beaucoup de dates et le groupe a décollé.

Dans les années 1975, 1976 et 1977, nous jouions dans tout l’Ouest et jusqu’en Espagne. Personne n’avait entendu un groupe jouer cette musique-là. À l’époque, cela n’existait pas dans la région. Nous faisions un carton. C’est là que les gens ont commencé à me repérer. Moi, je ne savais même pas que j’étais devenu une référence : je faisais les choses, point. Mais j’ai commencé à gagner ma vie et j’ai pu acheter une Fender et une Gibson acoustique. Surtout, j’ai pu arrêter le métier de soudeur.

Avec Mojo Blues, nous avons fait une centaine de dates en trois mois. Il y a eu des changements de personnel, puis j’ai continué en trio et monté un hommage à T-Bone Walker avec un saxophoniste. J’ai beaucoup joué à Bordeaux avec cette formation. C’est ainsi qu’un tourneur m’a proposé un engagement.

Je découvrais un versant professionnel américain que je ne connaissais pas. Avant de monter sur scène, le tourneur m’a demandé si j’avais une cravate et m’a prévenu qu’à la deuxième erreur, je devrais partir. Quand tu as 22 ans, tu ne comprends pas forcément. Nous avons fait deux minutes de répétition, mais j’ai assuré.

On m’avait envoyé une trentaine de disques de Memphis Slim sans me dire ce que nous allions jouer. Par chance, quelqu’un m’a conseillé At the Gate of Horn, son album de référence, et me l’a prêté. Effectivement, nous n’avons joué que ces morceaux-là.

Memphis Slim était très sympathique, mais il fallait assurer. Tu ne lui apprenais pas la note bleue : il connaissait la musique. J’avais eu la chance de travailler auparavant le répertoire de T-Bone Walker. Matt « Guitar » Murphy avait poursuivi cette approche en y ajoutant des accents plus jazz. Cela m’a aidé, parce que les boogies de Memphis Slim, avec leurs changements de tonalité, étaient compliqués à accompagner.

Mon père avait filmé une petite tournée. Plus tard, en regardant les images, je me suis dit : « Mais je joue bien, là ! » Avant de mourir, il m’a aussi remis des bandes à rouleaux en me disant : « Tiens, ce sont tes bandes où tu jouais avec Memphis Slim. » Je cherche encore à les faire restaurer, car j’aimerais vraiment pouvoir les écouter.


« À l’époque, j’avais une 403 et une caravane. Je tournais comme cela. »


Jacques Garcia, c’est une relation de longue date. Je peux dire que c’est un ami. On n’a pas tant d’amis que cela dans la musique, mais lui en est un.

Après Memphis Slim, j’ai joué un peu partout. À l’époque, j’avais une 403 et une caravane. Je tournais comme cela, avec ma guitare, et j’allais me présenter directement. Une amie m’a demandé si j’avais déjà enregistré un disque. Comme ce n’était pas le cas, elle m’a emmené en studio. Avec un trio, nous avons enregistré dix titres : cinq compositions, dont deux en anglais, et cinq reprises. Le projet s’appelait Freeway.

La cassette a circulé. Elle est arrivée sur le bureau de Jacques Garcia, qui m’a immédiatement rappelé pour me signer dans son agence de booking. Là, j’ai franchi un cap, car il s’agissait d’un booking international. De 1988 à 1992 ou 1993, je me suis retrouvé sur de nombreuses scènes et j’ai rencontré beaucoup de musiciens connus.

Nous avons ensuite fait mon premier album, Mauvaise Carte, qui devait à l’origine s’appeler French Blues. J’ai demandé à chanter en français, même s’ils étaient assez réticents au début. Le disque a été réalisé en trois jours. Il n’y avait pas un gros budget, mais Otis Grand a joué dessus.

Jacques m’a toujours défendu et m’a toujours donné de sacrés coups de main. Sans lui, je n’aurais pas eu tout ce que j’ai eu. Je le respecte énormément, ainsi que sa femme, pour tout ce qu’ils ont fait pour cette musique. J’ai d’ailleurs eu l’honneur d’inaugurer la Maison du Blues.

Je ne revendique rien. Je ne suis jamais entré dans cette polémique : faut-il chanter en français ou en anglais ? Si c’est bon, c’est bon, que ce soit en français ou en anglais.

En Louisiane, il y a les Cajuns. Nous sommes le seul pays à avoir une culture franco-blues américaine. Ils peuvent mélanger le français et l’américain dans leurs textes. Ici, dès que tu sors une chanson en français, certains disent que tu fais de la chanson française. Je trouve cela absurde.

J’adore aussi reprendre un morceau en anglais. Je ne suis pas dans une opposition entre le noir et le blanc : il y a du gris entre les deux. Ma choriste actuelle est portugaise. Elle fait du rock en portugais, du blues et du fado, et c’est génial. Peu importe la langue : quand on écoute, c’est bon.

Je connais bien Cadi Jo. C’est moi qui lui ai donné le virus. À la base, il chantait en anglais, puis il s’est mis à faire des choses en français. C’est très bien et il chante même en gascon.

Lenny Lafargue au Cognac Blues Passions – Source : Site de l’artiste.

Certains ont des œillères et veulent des groupes français qui font de l’imitation américaine. C’est au détriment d’autres groupes qui proposent quelque chose d’original, que l’on reconnaît dès que l’on met le disque, comme Raoul Ficel, par exemple.

Mais je ne veux pas généraliser. Il y a beaucoup de programmateurs de festivals qui sont ouverts à l’originalité. Ils permettent aux artistes de jouer et je les respecte. On peut parler de Michel Rolland à Cognac Blues Passions, qui m’a programmé plusieurs fois, ou d’Éric Diard. Il y a des gens intelligents et éclairés dans le circuit.

Peu importe la langue : si cela groove, si c’est bon et si l’artiste a quelque chose à raconter, qu’est-ce que cela peut faire ? J’ai moi-même gardé dans mon répertoire Rockin’ the House, un morceau en anglais que j’adore chanter parce qu’il est formidable.

J’ai du mal à analyser ce que je fais, parce que, pour moi, c’est une évidence. Je suis autodidacte. Je raconte principalement des histoires d’amour, parce que les relations amoureuses sont très importantes et qu’elles ne sont pas faciles. Je ne suis pas un artiste engagé, mais il m’arrive aussi de dire ce que je pense.

Rouler, rouler, c’est l’histoire d’un homme qui rencontre une femme. Tous les deux veulent partir, tout larguer. Ils en ont assez de l’univers dans lequel ils vivent et veulent s’en aller. Cela nous est tous arrivé, à un moment donné, de nous dire que nous partirions bien à dix mille kilomètres, sur une île.

Quand je joue pour moi, j’essaie d’oublier toutes les conventions et d’être au plus près du sol. Pour enseigner la musique afro-américaine ou le rock, on est obligé de passer par certaines règles : dire à quelqu’un qu’il n’est pas en place ou qu’il y a un silence. Mais, quand je joue pour moi, j’essaie d’être le moins intellectuel possible. Cela s’appelle la liberté.

Oui. Je l’ai fait dans l’instant présent. Je n’avais ni texte ni musique. J’ai passé du temps à Belleville et j’y ai vécu. Le preneur de son m’a dit que je n’allais pas mettre seulement huit morceaux sur l’album. Je lui ai répondu que je n’en avais que huit.

Je me suis assis avec ma guitare, je n’avais rien, et j’ai fait Belleville instantanément, directement. C’est pareil pour Oh chérie, qui parle d’une rupture amoureuse. Cela vient d’ailleurs. On dira peut-être que je suis mystique, pourquoi pas ?

Tout de même, cela ne tombe pas du ciel par l’opération du Saint-Esprit. Je pars de thématiques. Bon temps rouler était déjà un morceau fétiche. Sur scène, il faut aussi jouer pour les gens. Nous les faisons chanter et ils aiment cela. C’est la même chose pour Hi Hi Oh Oh, que j’avais déjà fait. Les gens aiment le chanter avec nous.

Nous ne sommes pas des mégastars. Dans le blues, il n’y a pas beaucoup d’argent et nous ne passons pas à la télévision. Quand tu arrives sur scène, même si tu es connu dans ce milieu, il faut gagner le concert, faire plaisir aux gens et créer quelque chose.


« J’ai pris beaucoup de plaisir dans tous les festivals. »


Partout où je suis allé, cela a fonctionné. Je me rappelle notamment d’un concert en première partie de Jimmy Johnson : le public était très sage, mais les gens étaient contents.

Quand j’ai commencé à jouer devant mille ou deux mille personnes, cela faisait un peu peur. Bagnols Blues Night a été un événement marquant pour moi, une sorte de baptême du feu devant un public d’amateurs avertis. Ma rencontre avec Jacques Périn a aussi été formidable. Il était d’une grande gentillesse, sans pour autant me faire de cadeau : il m’avait programmé et il fallait que j’envoie.

J’ai pris beaucoup de plaisir dans tous les festivals, notamment à Cognac, où Michel Rolland m’a souvent programmé, ainsi qu’à Cahors. Mais rien n’est acquis. Dans le public, certains te connaissent et d’autres découvrent ton nom. Il faut faire de la musique, donner du plaisir et convaincre.

Je ne doute pas de ce que je peux faire. Mon batteur joue avec moi depuis vingt ans et mon bassiste depuis quinze ans. Je sais que j’ai une équipe et que nous allons faire de la musique en prenant nous-mêmes du plaisir. Si c’est bon sur scène, tu gagnes de nouveaux fans.

Pour la sortie de Rouler, rouler, nous avons choisi Le Garage, une salle excentrée en banlieue de Bordeaux. C’était complet, avec environ 250 personnes. Beaucoup ne nous connaissaient pas, mais nous avons passé un moment formidable. Les gens étaient contents, et c’est bien l’essentiel.

Lenny Lafargue et ses musiciens au festival Blues en Loire – Source : Site de l’artiste.

Les médias, aujourd’hui, c’est très compliqué. J’avais une secrétaire jusqu’à présent, mais elle est malade, alors nous nous débrouillons pour la promotion et nous avons trouvé quelqu’un pour la remplacer.

Je ne vois pas l’intérêt de prendre un attaché de presse qui va te demander deux mille euros pour faire ce que tu peux faire toi-même, c’est-à-dire envoyer les informations. Nous avons tout de même fait des radios parisiennes avec l’aide d’un professionnel. Maintenant, tout est parti et nous attendons les retours.

Une véritable carrière américaine est presque impossible pour un bluesman français. Frank Goldwasser, qui a vécu plusieurs décennies en Californie, est une exception que je respecte particulièrement.

Pour découvrir le blues aujourd’hui, j’irais au Texas, en Louisiane et surtout dans le Mississippi, où il subsiste encore des formes authentiques de cette musique, même si les difficultés économiques les menacent.

Oui. J’aime vivre au contact de la nature et aller à la pêche. Au Maroc, j’ai un jour rencontré un inconnu dans un avion. Il m’a spontanément invité à manger chez lui. Pour moi, cette générosité est une véritable leçon d’humanité.

En France, j’ai parfois l’impression que les relations humaines sont devenues plus méfiantes et individualistes. Un jour, je cherchais un dépôt et je me suis approché d’une jeune femme pour lui demander mon chemin. Elle a fait quatre pas en arrière et ne m’a pas laissé parler une seconde. Elle avait peur. Je ne veux pas généraliser, mais j’ai l’impression que nous vivons dans un pays de plus en plus inquiet.

C’est la même chose en musique : je ne peux pas travailler avec des musiciens s’il n’existe pas une véritable relation humaine entre nous. Ma carrière n’était pas programmée. Elle est née des rencontres, des hasards, du plaisir de jouer et du regard des autres.

C’est moi qui te remercie. J’ai répondu avec grand plaisir.

🎙️ Ecoutez l’émission avec Lenny Lafargue


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par Marc Loison

Animateur radio depuis 1983 (Sweet Home Chicago depuis 1992), chroniqueur Blues (Soul Bag depuis 2005), guitariste "lefty", Marc Loison est un passionné de Blues de longue date. Ses interviews dans l'émission sont nombreuses et variées.

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