Damien Cornelis « Le public blues a besoin d’un coup de jeunesse »

Le premier disque de "Space Captains" sur orbite

Après avoir passé des années à accompagner les autres, le claviériste Damien Cornélis sort son premier disque bien à lui sous le nom de « Space Captains ». Celui que tout le monde du blues s’arrache, de Blues Power Band à Malted Milk en passant par Roland Tchakounté ou Greg Zlap s’est déjà construit, à 32 ans seulement et avec 600 concerts à son actif, une solide réputation ! Space Captains vient de mettre en orbite sa première fusée. Le but de la mission spatiale ? Rajeunir le public blues avec des sonorités funky et une bonne dose d’énergie ! Rencontre avec un musicien venu de l’espace… 

Damien, comment est né ce nouveau projet ? Est-ce l’envie d’avoir ton propre groupe après toutes ces années passées à en accompagner d’autres ?

cornelis EPAbsolument. J’ai tourné un peu partout en tant que clavieriste accompagnateur avec plein de groupes de blues, soul, funk. Je me suis vraiment intéressé aux arrangements, à la composition, à l’élaboration et au développement d’un projet musical avant de me lancer en août 2014 sur la création de Space Captains. C’était une rude épreuve car je me suis rendu compte de la masse de travail à faire pour sortir un CD ! Après beaucoup d’investissement, il est enfin là et j’en suis très content !

Space Captain est le nom d’un titre popularisé par Joe Cocker puis Herbie Hancock, est-ce un clin d’oeil à ces musiciens ?

Non car je ne connaissais pas cette chanson au moment où j’ai nommé le groupe ainsi. Je ne l’ai découverte que plus tard grâce à mon batteur Toma Milteau qui me l’a fait écouter. Je me suis rendu compte que je l’adorais. Du coup, on la joue même en live maintenant !

Côté influences, ce disque est un sacré melting pot qui va de Ray Charles à C2C en passant par BB King, Prince, Jamiroquaï … Tu es un peu le mélange de tout ça ?

Oui effectivement, j’ai été beaucoup influencé par des artistes « roots » dans mon enfance : BB King, Albert Collins, Stevie Ray Vaughan, Muddy Waters, Bob Marley, Aretha Franklin, Etta James… Et puis au fur à mesure des mes découvertes musicales je me suis intéressé au funk, à la soul, au hip-hop et à certaines musiques electro. C2C et leur tube international « Down the road » ont été une révélation pour moi ! La preuve qu’il est possible de mélanger le vieux blues avec la musique électronique. On y retrouve Arnaud Fradin à la guitare, le guitariste/chanteur de Malted Milk, Kevin Doublé à l’harmonica mais aussi de l’orgue Hammond… Ce sont des musiciens qui viennent du blues « roots » et leur son se mélange à l’electro avec beaucoup de goût.

 

A trop vouloir dépoussiérer le blues, ne crains-tu pas de t’en éloigner et, au final, déstabiliser le public qui te suit avec tes autres groupes ?

Pas du tout ! Je pense que le public blues a besoin d’un coup de jeunesse. En ce qui me concerne, le blues est ma 1e langue et on peut ressentir ça dans toutes mes compositions. Je connais très bien le milieu blues en France et je regrette de ne pas voir assez de jeunes qui s’intéressent à cette musique. Il y a un certain vieillissement du milieu du blues en France. Ceux qui prennent les décisions, dans les médias, mais aussi les programmateurs, sont parfois un peu fermés, n’acceptent pas la nouveauté et se cantonnent à encenser des groupes qui ne proposent rien de neuf. Reprendre à l’identique un morceau de B.B. King ou Albert Collins ce n’est pas très intéressant pour moi. Il faut travailler sur le son, sur l’image pour toucher un public plus jeune et leur donner envie de s’intéresser à cette musique. Pour l’instant (je touche du bois) les retours sur mon EP sont très positifs et même dans le milieu du blues !

cornelis live

Tu as réuni beaucoup d’invités autour de toi pour ce projet, ça ne va pas être facile à faire vivre sur scène, comment vas tu t’y prendre ?

C’est une question qu’on me pose souvent ! En fait, c’est au contraire très simple. J’ai une équipe de base de 6 musiciens. Cette équipe peut évoluer en fonction des endroits où on joue avec des cuivres, un harmonica ou d’autres chanteurs. Quoi qu’il arrive, nous jouerons le répertoire Space Captains avec les compositions de l’EP mais aussi quelques reprises réarrangées pour le live !

Pour conclure, ton disque s’appelle « Seen From The Moon ». Alors, c’est comment la terre vue de la Lune ?

La terre vue de la lune n’est rien par rapport à l’immensité de ce qui nous entoure… On prend des choses trop au sérieux en oubliant l’essentiel : Nous sommes des grains de poussières perdus au milieu de nulle part. L’univers me fascine vraiment et m’inspire pour écrire des chansons.

Space Captains : 
Dalenda Mélodie Sina : Chant / choeurs
Joseph Champagnon : Guitare / chant
Toma Milteau : Batterie
Igor Pichon : Basse
Damien Cornelis : Claviers / Guitare
Romain Berguin : Claviers

Propos recueillis par Cédric Vernet
(c) Photos : Cécilia Conan et Laurent Sabathé

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