Manu Lanvin et Neal Black « On a réussi à faire un bon duo »

Une rencontre au sommet

Manu, tu étais déjà venu dans le Blues Café Live et tu y avais mis le feu ! D’ailleurs, nous avons été obligés depuis, de reconstruire la maison. On est content de te revoir, surtout au cœur de cette tournée Paris Texas Tour, une rencontre entre deux artistes fort différents mais si attachants et talentueux, et deux styles, le tien que tu as puisé au fond du Delta, et celui de Neal Black, plus texan. Quelle drôle de rencontre…

Manu : Drôle de rencontre effectivement ! On s’est rencontrés dans mon studio, à Paris, La Chocolaterie, un lieu artisanal, où j’ai envie que les artistes se sentent comme à la maison, d’où le nom qui offre un aspect assez ludique. Neal Black était venu avec Janet Martin, une super slideuse avec une voix d’enfer, pour capter ce son particulier qu’on arrive à créer dans ce lieu. Neal réalisait son album et entre les prises, à la fin de la journée, on a appris à se connaître… Ce qui nous a aussi rapprochés, c’est le Texas, naturellement, d’où est originaire Neal. Et moi, j’ai une histoire très forte avec le Texas, avec Monsieur Calvin Russell.

… le titre « My Good Old Friend » sur ton dernier album est d’ailleurs un hommage à Calvin ?

Manu : Exactement ! Et Calvin a été le sujet de nos conversations, avec Neal… Je crois que j’ai une vraie affinité avec les mecs du Texas, cette façon qu’ils ont de fusionner leurs musiques, du blues à la country, du rock’n roll au tex-mex. Je me suis déjà baladé du côté d’Austin et il y a une incroyable scène, nouvelle, jeune et inventive.

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Tu as retrouvé un peu de Calvin Russell dans Neal Black ?

Manu : Oui, dans la voix déjà mais aussi dans l’écriture ! C’est un songwriter.

Alors, cette tournée se nomme Paris Texas Tour…

Manu : …oui une allusion au titre du film de Wim Wenders avec la musique de Ry Cooder.

Comment est venue cette envie de tourner ensemble ? 

Manu : En discutant ensemble, on s’est dit pourquoi ne pas imaginer un set, ou même un plateau ensemble et ça a donné une tournée que le manager de Neal a prise en main, plus de 25 dates ensemble, de beaux moments. Neal a amené dans le projet un sacré mec, Mike Latrell, au piano, qui fait partie de son propre groupe. Un véritable cadeau et j’adore ce type, bourré d’énergie et de talent…Il y a très peu de pianiste comme lui, qui sache faire tourner le boogie et le rock’n’roll comme il le fait ! Mais c’est indépendamment des dates de chacun, une organisation pas toujours évidente d’ailleurs.

Neal, cette tournée Paris Texas Tour, comment la perçois-tu ?

Neal : Ce qui nous a plu dans cette idée de tournée, c’est de toucher un public plus jeune parce que le Blues, pour nous, est une musique inter-générationnelle. Avec Manu, on n’a pas le même âge et pourtant, on a réussi à faire un bon duo, à faire un sacré boulot ensemble.  C’est aussi l’envie de croiser les générations, du blues des anciens aux nouveaux courants, Black Keys, White Stripes, cette mouvance actuelle qui ne cite pas le blues mais finalement en joue !

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Comment arrive-t-on à souder deux personnalités aussi différentes que Manu et toi sur une tournée ?

Neal : Nous sommes tous les deux des leaders de nos groupes respectifs, avec nos « têtes de mule » [en français dans le texte], et ce n’était pas facile , au début. Mais c’est un bon challenge aussi ! On arrive sur scène avec la setlist, et c’est parti !
Manu : Oui, ce n’est pas toujours facile de partir en tournée avec quelqu’un. Ce n’est pas seulement le fait de jouer ensemble, ça, on peut y arriver mais quelle histoire on raconte ? En fait, on a débroussaillé le terrain au moins 6 mois avant, choisi notre répertoire, la façon de le jouer, confronté nos idées, cherché une histoire commune, en laissant à chacun sa place. Je joue de mon côté, Neal aussi, et on se retrouve à un moment dans le concert.
Neal : On a choisi aussi quelques reprises, notamment en fin de show, où l’on se retrouve tous ensemble, Manu, Les Devil Blues, Mike et moi, mais on les a voulu différentes. Manu de sa propre façon, moi de la mienne, et cela donne une autre interprétation !  Par exemple, « All Along The Watchtower« , qu’on a complètement revisité.
Manu : Oui, ces reprises des 70’s ce sont des sonorités qui plaisent souvent à tous, jeunes comme plus anciens. Il ne s’agissait pas de refaire à l’identique mais de les revisiter avec nos propres personnalités.

Manu, quelques mots sur ce départ en février prochain pour Memphis, à l’International Blues Challenge, puisque tu a été élu par France Blues pour représenter, en duo, notre beau pays ?

Manu : Oui, à ma grande surprise d’ailleurs ! Je ne m’étais pas occupé de ça, avec la tournée de plus de 120 dates qu’on fait en ce moment. On m’a inscrit et on m’a téléphoné pour me dire que je partais avec Jimmy (le batteur) à Memphis ! On a pris une version en duo parce que là-bas il y a des tueurs, de grands tueurs (rires) !  Je connais un peu Memphis, je suis heureux d’y retourner !

Propos recueillis le 12 septembre 2013 par Cédric VERNET et Francis RATEAU

Le podcast à écouter + toutes les vidéos ici !

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